Pour Médecins sans frontières, ce n’est pas une mesure de sécurité, c’est une sanction. Israël bloque l’aide humanitaire parce que certaines ONG documentent les violences de l’armée. Résultat : des centaines de milliers de civils pourraient bientôt être privés de soins.
Israël interdit l’accès à Gaza à 37 grandes ONG humanitaires, dont Médecins Sans Frontières. En cause : leur refus de fournir les identités de leurs employés, exigée pour des raisons de « sécurité ».
Selon MSF, le vrai problème est ailleurs : certaines organisations témoignent des violences sur le terrain, ce qui ne plaît pas du côté israélien (cf. note du COGAT). Résultat, l’aide humanitaire est conditionnée au silence, au risque de priver les civils de soins vitaux.
Selon Isabelle Defourny, présidente de MSF, « le minimum de respect du droit international n’existe pas ». Jusqu’à présent, 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF. L’ONG a encore 40 expatriés et 800 employés palestiniens sur place. Pour Defourny, fournir leurs identités reviendrait à leur coller une cible dans le dos.
Lire aussi : 37 ONG interdites d’accès à Gaza: le chef de l’ONU exhorte Israël à revenir sur sa décision. Antonio Guterres considère ces organisations comme essentielles à l’action humanitaire cruciale menée dans l’enclave palestinienne. De leur côté, plusieurs ONG redoutent que cette interdiction ne soit élargie à la Cisjordanie.
Liste des ONG concernées, publiée par APnews.com
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