On recrute, on équipe, on muscle. Mais quand on regarde les données, la baisse de la délinquance ne suit pas automatiquement la courbe des effectifs. En temps de campagne électorale, c’est gênant.
À l’approche des municipales, la police municipale est devenue le totem sécurité… à droite et à gauche. Sur le mandat 2020–2024, les effectifs auraient encore grossi d’environ 4 600 agents (+ 19 %), pour frôler les 29 000 en 2024 (contre un peu plus de 19 000 en 2012).
Sauf que cette « course aux effectifs » n’a pas d’effet clair sur la délinquance enregistrée : sur les grandes villes (hors Paris), des tests 2016–2024 ne trouvent pas de baisse statistiquement liée aux hausses d’effectifs (vols violents, vols à main armée, vols sans violence).
Pendant ce temps, plusieurs indicateurs de vols reculent depuis 2016, tandis que les homicides restent plutôt stables. Conclusion : si ça enfle autant, c’est surtout politique – promettre plus de municipaux, plus d’armement, plus d’unités, c’est un signal d’action (et une arme de campagne) plus qu’une preuve d’efficacité.
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