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| 15/03/2026

Predatorgate : la justice grecque tape fort sur les éditeurs de spywares

Image d’illustration © TheDigitalArtist|Pixabay|CC0 or Pixabay

En Grèce, le scandale Predatorgate franchit un cap décisif. Pour la première fois, la justice ne vise plus seulement les espions : elle condamne aussi les développeurs des outils informatiques.

Predatorgate, le service public d’espionnage de vie privée.

Pour la première fois en Grèce, des dirigeants liés à une boîte de logiciels espions (spywares) sont condamnés dans le scandale « Predatorgate ». Quatre personnes – dont des cadres d’Intellexa – ont été reconnues coupables d’accès illégal à des systèmes, d’atteinte au secret des communications et d’ingérence dans des données personnelles. Sur le papier, la peine impressionne : 126 ans chacun, ramenés à 8 ans maximum.

Un État très à l’écoute

Le scandale du « Predatorgate » a éclaté en mars 2022, lorsque le journaliste Thanasis Koukakis a appris que son téléphone avait été infecté par le logiciel espion Predator, un outil de surveillance particulièrement intrusif, et qu’il avait également été mis sur écoute par les services de renseignement grecs. Lesquels services ont espionné pas moins de 87 personnes – journalistes, responsables politiques, chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires et autres figures publiques – visés via le spyware Predator et par des interceptions téléphoniques traditionnelles. Les infections ont été mises en évidence notamment par Citizen Lab, et des plaintes ont ensuite été déposées par Thanasis Koukakis puis Nikos Androulakis (parti d’opposition).

La justice tape enfin sur les fabricants des outils. Reste un angle mort : ceux qui ont commandé la surveillance, eux, échappent encore aux poursuites.

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