Retraits de subventions, procès ruineux, agréments suspendus : la répression ne dit pas son nom. Sophie Lemaître démonte les rouages d’un système qui use le droit pour faire peur. Et ça fonctionne.
Utiliser le droit pour anéantir les droits.
Le 6 février à Mulhouse, la juriste Sophie Lemaître a décortiqué ce qu’elle appelle un « gouvernement par la peur » : menaces juridiques, retraits de subventions, agréments suspendus, procès à rallonge… tout un arsenal pour faire taire ONG, médias et lanceurs d’alerte.
Spécialiste de l’anticorruption, elle montre comment le lawfare détourne le droit pour épuiser plutôt que condamner. Le Contrat d’engagement républicain sert de levier flou pour sanctionner des assos trop critiques, souvent sans l’assumer officiellement.
Cas concrets à l’appui, elle cite Appié, Anticor ou Bloom, visées par des blocages financiers ou des procédures-bâillons à plusieurs centaines de milliers d’euros. Même la désobéissance civile non violente est de plus en plus criminalisée. Message clair : ce n’est pas marginal, c’est systémique, et ça abîme sérieusement la démocratie.