Acrimed dissèque une mécanique bien huilée : source policière, scoop sans vérification, emballement en chaîne, puis rétropédalage honteux, inaudible. Classique… et ravageur… pour les médias.
Le scoop qui prend l’eau.
Acrimed décrit l’emballement autour de la garde à vue de Rima Hassan, le 2 avril 2026 : un cas d’école de journalisme de préfecture : des rédactions relaient au lance-flammes des fuites policières sur une supposée « drogue de synthèse », sans contradictoire, alors que l’eurodéputée est encore au commissariat.
Le Parisien lance la machine, l’AFP, BFM-TV, franceinfo, TF1-LCI, CNews et d’autres embrayent, souvent au présent de l’indicatif (sans conditionnel), avec surenchère, sous-entendus sur le chemsex, racolage et commentaires poisseux.
« Fiasco médiatique » nourri par la course au scoop, la dépendance aux sources policières, la stigmatisation et, dans certains cas, le racisme et la misogynie… voire la gauchophobie ?
Le lendemain, l’avocat de Rima Hassan affirme qu’il s’agit de CBD légal ; puis, six jours plus tard, il indique que la procédure liée au prétendu stupéfiant est classée sans suite et que le scellé ne contient en réalité aucun produit stupéfiant. Le démenti, lui, passera en douce… quand il passera.
La presse s’est noyée dans ses sources. C’est un peu drôle, mais triste aussi.
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