Un vaste scandale de trafic commercial de données privées a éclaté en Allemagne, dans un pays sourcilleux depuis le nazisme d’éviter les fichages abusifs et qui se souciait surtout jusque-là des intrusions de l’État dans la vie privée. Des millions d’informations confidentielles s’acquièrent sur Internet moyennant finance et certaines peuvent servir à des prélèvements bancaires frauduleux : c’est le constat public qu’ont fait lundi les autorités chargées de la protection des données.
« Ce commerce illégal avec adresses et numéros de compte dépasse tout ce qu’on connaissait », a déclaré lundi le responsable berlinois du secteur, Alexander Dix. Deux jours de recherches sur Internet ce week-end ont suffi à un agent de l’État pour acquérir illégalement un fichier de 6 millions de données. Prix : 850 euros. « Et ce n’est que la face émergée de l’iceberg », reconnaît M. Dix.