Sarkozy au Mexique, façon Scarface  - Mexique Nicolas Sarkozy Scandale Tourisme
| 14/03/2009

Sarkozy au Mexique, façon Scarface

Image d’illustration © 704417|Pixabay|CC0 or Pixabay

Imbroglio diplomatique et scandale rampant… sous le soleil de Mexico. Si Nicolas Sarkozy a bien séjourné à titre personnel chez un narco-milliardaire, qui a réglé la facture ? L’Elysée affirme que c’est le président mexicain, dont le gouvernement se défausse sur un mystérieux « groupe d’entrepreneurs ». On devient fou, au son des rythmes tropicaux…

Résumons. Jeudi 5 mars au soir, Nicolas Sarkozy et sa douce mettent les voiles. Direction le Mexique pour trois jours de repos bien mérités, avant d’affronter une douzaine d’heures de visite officielle, puis le trajet du retour au bercail. Le bagne.

Une tragique histoire de poudre

L’Elysée avait tout fait pour garder secrète cette petite escapade ensoleillée, alors que la tempête économique et sociale hexagonale redouble d’intensité. Mais une gaffe de Carla Bruni lâchée devant ses proches a mis le feu aux poudres. Et si l’explosion n’a pas eu lieu dans l’instant, c’est peut-être que ces poudres n’étaient pas vraiment destinées à être embouchées dans un canon… Pendant son séjour mexicain, le couple présidentiel a résidé dans un hôtel de luxe appartenant au milliardaire Roberto Hernandez Ramirez, qui souffre d’une sulfureuse réputation de « narco-banquier ». Où l’expression « Bling-Bling » prend tout son sens…

Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que Roberto Hernandez Ramirez se signale de la sorte. Il avait déjà organisé les rencontres Clinton-Zedillo en 1999 et Bush-Caldero en 2007, dans une de ses propriétés du Yucatan. Circonstances atténuantes ? Ou aggravantes…

De la poudre de Perlimpinpin à la poudre d’escampette

La polémique est partie du Mexique, où un politique a osé poser la question qui fâche : qui a payé la douloureuse ? Première réponse d’un anonyme proche du gouvernement mexicain, relayée par la presse : c’est Roberto Hernandez Ramirez. Scandale… un narco aurait réglé les frais du luxueux séjour de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, avec tout ce que ça implique. Mais l’Elysée a vite eu fait de démentir, vendredi 13 mars, en arguant que les tourtereaux avaient « été invités par le président mexicain ». Sauf que dans la foulée, le secrétariat mexicain des Affaires étrangères a démenti ce démenti : ce serait en fait « un groupe d’entrepreneurs » qui aurait « mis un logement à la disposition du président Sarkozy ». Le mal est fait.

Mensonge ou incompétence ?

Qui ment ? Le gouvernement mexicain pour ménager son peuple, ou le gouvernement français pour calmer le sien ? A moins qu’on ne découvre tout simplement que l’Elysée n’était pas au courant de l’intendance ? Mais dans tous les cas, peut-on imaginer qu’un homme qui ne se déplace plus dans son pays qu’à la condition expresse que les 10 km alentours soient bouclés par un petit millier de bons hommes en uniforme se rende en terre inconnue sans même prendre la peine de se renseigner sur ses hôtes ? Telle est la question.

Citation du jour : « J’ai des mains faites pour l’or, et elles sont dans la merde » [Tony « Scarface » Montana]