« Si j’avais su, j’aurais pas venu ». L’excuse tourne en boucle depuis la publication des archives Epstein. Mais les faits étant publics depuis 2008, l’ignorance ressemble moins à une excuse qu’à un choix.
Des politiques, des têtes couronnées, des grands patrons : tous jurent la main sur le cœur : « Si j’avais su, je ne l’aurais jamais fréquenté. » Sérieux ? Epstein était condamné dès 2008 pour trafic de mineures. C’était public, documenté, archi-connu. Pourtant, il continue à dîner en ville, financer des facs, inviter du beau monde en jet privé.
Le vrai moteur ? La redevabilité. Il héberge, il finance, il rend service. Un empilement de petites dettes morales. Pas de contrat, mais un lien. Résultat : on hésite à poser des questions, à couper les ponts. L’ignorance devient confortable.
Le « si j’avais su » ne rassure personne. Il alimente l’idée d’élites hors-sol, vivant en vase clos. À l’ère d’Internet, ne pas savoir, c’est surtout ne pas vouloir savoir.