Viry-Châtillon : la justice va-t-elle disculper les policiers qui ont fait condamner des innocents ?  - État policier Grigny IGPN Justice Mensonge policier Police Violences policières Viry-Châtillon
| 07/02/2026

Viry-Châtillon : la justice va-t-elle disculper les policiers qui ont fait condamner des innocents ?

Image d’illustration © Pavel Danilyuk|Pexels|Pexels

Des jeunes passent des années en prison sur la base de procès‑verbaux mensongers, truqués. Les vidéos disent autre chose. Au bout du compte, la justice choisit d’appeler ça « des erreurs ».

Mediapart prend la justice prise en flagrant délire.

L’affaire commence en 2016, après une attaque très violente contre des policiers à Viry-Châtillon. La pression est énorme pour dégoter au plus vite des coupables, et des policiers chargés de l’enquête vont orienter le dossier dans une seule direction : désigner des jeunes de Grigny comme responsables, et tant pis si rien ne colle.

Pour arriver à cette absurdité, certains enquêteurs modifient ou tronquent des procès-verbaux. Des phrases sont sorties de leur contexte, des éléments disculpants disparaissent, et des doutes deviennent des aveux. À l’époque, personne ne s’en rend compte, et la justice condamne sur la base de ces documents.

Plusieurs jeunes passent des années, en prison. Foued fait quatre ans (!!!!), Dylan dix-huit mois. Plus tard, lors des procès en appel, les avocats demandent à comparer les PV avec les vidéos des gardes à vue, obligatoires depuis 2007 pour les crimes. Là, le décalage saute aux yeux : ce qui est écrit ne correspond en rien à la réalité.

Les jeunes sont finalement acquittés en 2021, leur innocence est reconnue, mais trop tard pour leur rendre les années perdues. Les avocats portent plainte contre les policiers pour faux en écriture et manipulation judiciaire. Une enquête est ouverte, confiée à l’IGPN et à des juges.

Sauf que cette nouvelle enquête traîne, évite les questions qui fâchent, et reprend largement la version des policiers. Les falsifications évidentes deviennent de simples « erreurs », les trous de mémoire sont acceptés, et… le principal témoin n’a jamais été entendu.

Aujourd’hui, après quatre ans d’instruction, aucun policier n’est mis en examen et la procédure touche à sa fin, ce qui signifie qu’ils ne seront probablement jamais jugés. Pour les victimes et leurs avocats, c’est une deuxième claque : non seulement on les a envoyés en prison à tort, mais en plus, personne ne paiera pour ça.

La police, tu l’aimes ou tu l’acquittes.