Scandale Scott Reuben condamné 6 mois prison trouble bipolaire grave Affaire Reuben : l'industrie pharmaceutique en plein "trouble bipolaire grave mais non diagnostiqué" affaire reuben l industrie pharmaceutique en plein trouble bipolaire grave mais non diagnostique 7701

Dr Scott S. Reuben est un scientifique de renommée mondiale... à l'origine de l'une des plus grosses fraudes scientifiques de l'histoire de l'industrie pharmaceutique. Il a été condamné à 6 mois de prison, plaidant le "trouble bipolaire grave mais non diagnostiqué". On ne saurait dire mieux...

Scandale Reuben

Le monde entier connait le Dr Scott S. Reuben. Enfin presque. En mars 2009, l'hôpital qui l'hébergeait faisait une drôle de découverte. Ce chercheur parmi les plus prolifiques dans le domaine du traitement de la douleur postopératoire avait falsifié une bonne partie de ses recherches. Il avait purement et simplement inventé des expériences et les données en découlant. Le hic, c'est que ce doc' de choc travaillait pour plusieurs géants pharmaceutiques, Pfizer et Merck notamment, et que ses études ont contribué à l'autorisation de mise sur le marché de plusieurs médocs de premier ordre (Celebrex, Lyrica et Dynastat de Pfizer, Effexor de Wyeth, ou Vioxx de Merck). Des dizaines de millions de patients sont concernés.

Pour plus détails, lire "Scandale de grande ampleur dans l'industrie pharmaceutique".

Le fraudeur a rapidement avoué. Cependant, en février dernier, ses avocats ont affirmé, le plus sérieusement du monde, qu'il souffrait d'un "trouble bipolaire grave mais non diagnostiqué". Histoire de réduire un peu la peine de 10 ans de prison encourue par leur client. Curieux, aucun de ses collègues ne s'en est jamais aperçu, pas plus que sa propre femme, psychiatre de son état... Le 24 juin dernier, le tribunal s'est montré plutôt clément, limitant la peine à six mois d'emprisonnement, suivis d'une liberté surveillée de trois ans. Surveillé par sa femme, peut-être... Il devra en outre rembourser les 400 000 $ versés par les labos pour ses recherches.

What's up doc' ?

Un bien doux verdict, pour un homme qui n'a pas hésité à jouer avec la vie de milliers de malades pour sa gloire personnelle, et celle de son portefeuille. Mais finalement, les avocats de Reuben n'ont-ils pas vu juste ? Un homme payé par des firmes pharmaceutiques pour réaliser des études favorables (*) à leurs médicaments. Dans le même temps, ce gentleman était aussi - grassement - rémunéré pour animer de joyeuses conférences à la gloire de ces mêmes médicaments. Certains de ses collègues poussent même le vice jusqu'à se faire défrayer pour vérifier que les médocs sont bien efficaces, après leur mise sur le marché, ou à conseiller aux Etats d'acheter les molécules magiques... Comment appeler cela, sinon un "trouble bipolaire grave mais non diagnostiqué". Le problème, c'est que cette pathologie atteint une grosse partie des scientifiques liés à l'industrie pharmaceutique, ceux de l'OMS en tête (click, cliques et claques)...

(* : "Lorsque les chercheurs sont redevables d'entreprises pour une grande partie de leurs revenus, il existe une tendance évidente à obtenir des résultats qui leur sont favorables", s'est plaint le Dr Jerome Kassirer, ancien rédacteur en chef du New England Journal of Medicine et spécialiste des conflits d'intérêts dans l'industrie pharmaceutique)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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