coexistence cultures avec sans OGM difficile Avec ou sans OGM : Co-Extra confirme la cohabitation difficile des cultures avec ou sans ogm co extra confirme cohabitation difficile cultures 4663

De la fourche à la fourchette... Le programme européen Co-Extra a étudié les conditions de cohabitation entre cultures conventionnelles et OGM. Quatre années d'étude dans 18 pays pour un budget de 22 millions d'euros. Conclusions : étiquetage indispensable, retour au seuil de contamination de 0,1% et séparation de zones géographiques spécialisées. Au grand dam des semenciers...

Coexistence entre cultures avec ou sans OGM

Déterminer comment les cultures traditionnelles peuvent cohabiter avec les cultures OGM tout en préservant la liberté de choix des producteurs et des consommateurs. Tel était l'objectif du programme Co-Extra dont les conclusions ont été rendues publiques à Paris, du mardi 2 au jeudi 4 juin, au cours d'un colloque de l'INRA. Plus de 200 chercheurs de dix-huit pays ont participé à ce programme d'une durée de quatre ans, doté d'un budget de 22 millions d'euros par l'Union Européenne.

Seuil de 0,1%

Les conclusions sont sans appel. Contredisant les affirmations des promoteurs d'OGM, l'étude conclut que la cohabitation des deux filières apparaît pour le moins complexe à mettre en oeuvre. Afin de préserver l'agriculture sans OGM, l'étude préconise d'abord fortement de revenir au seuil de contamination de 0,1%. Ce seuil est d'ailleurs utilisé par un certain nombre d'entreprises européennes, pour se prémunir contre les incertitudes liées aux analyses. Le seuil européen d'étiquetage actuel de 0,9% n'est en fait qu'un compromis politique sans fondement scientifique. Il consiste ni plus ni moins qu'à légaliser la pollution transgénique.

Des bassins géographiques spécialisés

Concernant les "pollutions accidentelles", les chercheurs ont mis sur pied des modèles permettant d'évaluer des distances minimales entre les filières en fonction de divers paramètres : espèces cultivées, taille des champs, géographie locale, sens du vent... Pour le maïs, dont le pollen est pourtant peu volatil, la distance requise peut atteindre 300 mètres. Mais certains pollens voyagent jusqu'à 30 kilomètres. Autant dire que la coexistence à l'échelle de l'exploitation agricole est impossible, et que la seule solution viable serait de mettre en place des zones spécialisées... d'une taille totalement rédhibitoire pour certaines cultures (ce que l'étude ne dit pas).

Coexistence entre cultures avec ou sans OGM

Traçabilité des filières

Les mécanismes de transformation des aliments sont également essentiels. Actuellement, les produits OGM cultivés ou importés en Europe sont majoritairement destinés à l'alimentation du bétail. Les animaux nourris aux OGM n'étant pas étiquetés, certains opérateurs ont cessé d'opérer une ségrégation entre les aliments OGM et non-OGM à destination des animaux. Un mélange des genres inquiétant, et une source de pollution possible, selon les chercheurs. La séparation des filières à ce stade induirait un surcoût pouvant atteindre 13% du chiffre d'affaires, selon les industriels interrogés. On n'a rien sans rien.

Difficile coexistence

La coexistence des filières traditionnelles et OGM ne peut donc être assurée dans l'UE que si l'étiquetage "non OGM" est rendu obligatoire, y compris pour l'alimentation des animaux. Ce qui induirait la création d'une séparation nette entre les deux filières, de la fourche à la fourchette. La loi française du 25 juin 2008 relative aux organismes génétiquement modifiés demande au Haut Conseil des biotechnologies de se prononcer sur la définition du "sans OGM" et de définir un seuil réglementaire de contamination : entre 0,1% et 0,9%. Gageons qu'il lira ce rapport avec le plus grand intérêt... à l'heure où la Commission Européenne n'a de cesse de pousser les Etats en faveur des OGM, et où une nouvelle polémique sur l'innocuité de la pomme de terre OGM Amflora pointe le bout de son nez. 

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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que d'hypocrisies

et on se demande pourquoi les européens boycottent les elections ...

merci pour ce papier.