PNPP Purin ortie autres phytosanitaires interdits  grenelle  pesticides Grenelle : les produits phytosanitaires naturels... jetés aux orties pnpp grenelle 2 scandale pesticides produits phytosanitaires naturels purain orties 3002

Fin 2005, une loi interdisait quasiment l'utilisation des phytosanitaires naturels, tels le purin d'ortie. La bronca qui s'en suivit a contraint les parlementaires à voter une loi modificative, fin 2006... qui n'est toujours pas appliquée ! Et le projet du Grenelle en rajoute une louche, malgré l'objectif de réduire de moitié la consommation des pesticides. Mais qui veut la peau du purin d'ortie ?

PNPP - Grenelle pesticides

Fin décembre 2005 était votée la loi d'orientation agricole (LOA). Celle-ci excluait quasiment la plupart des produits naturels de la liste des phytosanitaires (herbicides, insecticides...) autorisés en France, du fait des procédures totalement inadaptées et des coûts exorbitants des homologations rendues obligatoires pour l'occasion. Le simple fait de promouvoir ou de recommander ces produits était interdit. "Le Gouvernement a déclaré l'urgence sur ce projet de loi" indique même le compte-rendu de la procédure législative. Le décret était donc publié le 5 janvier 2006 au journal officiel, à peine deux semaines après le vote du Sénat. Dans l'urgence.

Une prune pour le purin d'ortie

C'en était trop ! La République était en danger, et il fallait sévir... vite ! Quelques mois plus tard, les inspecteurs de la répression des fraudes perquisitionnaient donc le domicile d'Eric Petiot, un dangereux horticulteur qui avait commis des livres aux titres aussi sulfureux et subversifs que "Les soins naturels aux arbres", dans lesquels il préconisait l'usage de décoctions naturelles pour soigner ses carrés de légumes : purin d'ortie, préparations à base de fougères, pissenlits, sureau...

Mais devant l'émoi suscité dans la population, sénateurs et députés ont finalement voté un amendement dit "Préparations Naturelles Peu Préoccupantes" (PNPP) à la loi sur l'eau en décembre 2006, qui proposait de corriger la LOA afin de permettre la commercialisation et l'utilisation des remèdes naturels. Mais l'urgence n'est, cette fois-ci, pas au rendez-vous. Deux ans après, le décret n'est toujours pas publié. Plus grave, un projet de décret a été proposé fin 2007. Et, surprise ! Il stipule que les produits doivent "avoir fait l'objet d'une procédure d'inscription sur la liste communautaire des substances actives (...) et ne pas avoir fait l'objet d'une décision de refus d'inscription". Une procédure longue et très coûteuse, presque impraticable, qui contredit totalement l'amendement voté initialement ! Et les orties sont toujours bannies...

Un projet de décret qui contredit la loi

Autre bizarrerie, la loi "Grenelle 1" ne reprend pas l'amendement PNPP et ne tient pas compte non plus d'une proposition en leur faveur, présentée par quatre députés, Lionel Tardy (UMP), Germinal Peiro (PS), William Dumas (PS), François Sauvadet (NC). La bande des quatre a donc posé quelques questions écrites au gouvernement sur ces deux aberrations... sans réponse. Au contraire, le projet de loi "Grenelle 2", qui sera discuté en 2009, insiste sur l'obligation d'agrément et de certification avant toute utilisation de produits phytopharmaceutiques. Et bonjour chez vous.

Ce qui amène un collectif d'une vingtaine d'associations (ASPRO-PNPP, Nature et Progrès, Les Amis de la Terre, Kokopelli, ...) à se demander comment le gouvernement peut sérieusement se donner l'objectif de réduire de 50% l'usage des pesticides tout en interdisant ses alternatives naturelles, notamment ces PNPP. "Déjà, les producteurs de fruits et légumes (...) craignent, faute d'alternatives, de ne pas pouvoir assurer les récoltes en 2009. Ils demandent des dérogations" affirme le collectif, qui demande "la reconnaissance des PNPP dans les lois Grenelle 1 et Grenelle 2, pour en favoriser le développement comme alternatives aux pesticides, avec des procédures d'agrément allégées, adaptées, faciles et rapides à mettre en oeuvre". Un bagne...

Mais qui veut la peau du purin d'ortie ?

En attendant, Monsanto bat un nouveau record de bénéfices. En attendant, une étude vient de montrer que le roundup (herbicide le plus utilisé dans le monde et commercialisé par Monsanto) était toxique pour l'homme. En attendant, la DGCCRF révèle que les fruits et légumes sont de plus en plus pollués par les pesticides... En attendant...

Plus d'informations et une pétition à venir sur http://www.aspro-pnpp.org

Voir aussi cette vidéo : "Pesticides, non merci".

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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la loi des pourris

on va quand meme pas empecher les potes industriels de continuer à s'en mettre plein les poches !

France 2 déprogramme un documentaire sur l'accès aux soins

France 2 déprogramme un documentaire sur l'accès aux
> soins
>
> France 2 ne diffusera pas, comme prévu jeudi 15 janvier à
> 22 h 40, le film de Jacques Cotta ”Dans le secret de
> l’accès aux soins en danger”. La chaîne publique
> justifie la modification de la grille par un hommage rendu
> à Claude Berri.
>
> De nombreux participants au documentaire (malades, usagers,
> associations et syndicats liés à la santé) évoquent eux,
> une décision politique à un moment délicat pour le
> gouvernement. L’Assemblée nationale examinera le trés
> controversé projet de loi Bachelot sur l’organisation de
> la santé vers la mi-février. Une journée plus générale
> de manifestation est déjà arrêtée le 29 janvier.
>
> La déception est forte pour les associations de malades
> qui se félicitaient à l’avance de la diffusion, sur une
> grande chaîne publique, d’un documentaire au ton engagé
> et donc polémique, sur l’accès aux soins. Le film de
> Jacques Cotta revient sur le concept dominant selon lequel
> le modèle de sécurité sociale hérité de l’après
> guerre ne serait plus viable et que la seule solution est un
> grignotage de la prise en charge (déremboursements,
> franchises médicales…) et tant pis, pour les moins
> fortunés.
>
> Les réalisateurs de “L’accès aux soins en danger”,
> Jacques Cotta et Pascal Martin confrontent les propos des
> décideurs politiques en matière de santé à ceux des
> malades, du corps médical et d’économistes spécialistes
> des services de santé. Le principal intérêt du
> documentaire est sans doute de donner la parole à des
> patients anonymes qui confient leur détresse, leurs choix
> dramatiques entre se loger, se nourrir ou se soigner. Or, à
> choisir, beaucoup préfèrent renoncer aux traitements,
> faute de moyens. Dans ce paysage, l’avenir des hôpitaux,
> les risques liés à autonomie de gestion sont abordés.
>
> Le côté explosif du documentaire est de tenter de
> démontrer que les réformes en cours visent à assurer le
> transfert complet, vers le secteur marchand, des soins «
> rentables » ou « achetables » et à maintenir un service
> minimum pour les soins « invendables » ou « non rentables
> ». La loi « Hôpital patients santé territoires »
> encourage en effet les hôpitaux à se regrouper dans des «
> communautés hospitalières de territoire ». Chaque
> hôpital devra passer un contrat d’objectifs et de moyens
> pluriannuel avec l’agence régionale de santé, le
> directeur de l’ARS assignant des objectifs précis au
> directeur d’établissement. Les pouvoirs du directeur
> d’hôpital seront renforcés : il présidera un directoire
> « resserré », le conseil d’administration étant
> remplacé par un conseil de surveillance. Le texte prévoit
> un nouveau statut contractuel (avec une part variable) pour
> attirer les médecins vers l’hôpital, et des mesures
> d’intéressement pour les salariés.
>
> Dans un contexte de montée en puissance d’une crise
> économique majeure, le documentaire retiré avait pour
> principal mérite de poser un débat qui n’a rien de
> théorique. Une enquête du Secours populaire fait
> apparaître un recul important de l’accès aux soins pour
> près de 40% des Français au cours du dernier semestre
> 2008.
>
> Les tensions sociales croissantes pourraient expliquer, si
> c’est le cas, d’éventuelles pressions destinées à
> retarder la diffusion d’un documentaire dérangeant et
> éviter la constitution d’un front social. C’est la
> troisième fois que le documentaire est déprogrammé en
> trois mois. La diffusion pourrait finalement avoir lieu en
> février.
>
> Le Collectif national contre les franchises, la Convergence
> nationale des collectifs de défense et de développement
> des services publics, la Coordination nationale des Comités
> de défense des hôpitaux et maternités de proximité , ont
> annoncé leur participation à la journée de grève et de
> manifestation du 29 janvier que convoquent l’ensemble des
> confédérations syndicales.

Grenelle: produits phytosanitaires jetés aux orties

Je fais juste remarquer qu'aucune loi de fin 2005, ni je pense plus précisément la loi d'orientation agricole du 05/01/06, n' "interdisait quasiment l'utilisation des phytosanitaires naturels, tels le purin d'ortie". Cet interdit, que l'on peut certes regretter, est une conséquence d'une loi du 09/11/1943! La loi de 2006 n'introduit que l'interdiction de la promotion des produits par ailleurs interdits. Jusqu'à elle les purins étaient interdits en tant que pesticides mais on pouvait en faire la promotion quand même; depuis, les deux, utilisation comme promotion, sont interdits.
C'est d'ailleurs au titre de la promotion que M. Petiot a été inquiété. Par contre que je sache, il ne s'est pas pris de "prune".

Par contre je suis d'accord pour dire qu'en fait d'assouplissement de la procédure d'autorisation des PNPP, on est resté sur notre faim.

J. Gozard, Martinique