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Parmi les médicaments (tardivement) retirés du marché pour leur dangerosité, le Vioxx tient le record toutes catégories du cynisme le plus répugnant. 160 000 accidents cardiovasculaires, 30 000 morts. Le danger était connu depuis 2001 par la firme pharmaceutique Merck, mais le médicament a pu être vendu jusqu'en 2004.

Scandale médicament VIOXX

Début mars, aux termes d'un procès de 48 jours riche en révélations, la justice australienne a estimé que le médicament antidouleur Vioxx doublait le risque d'accident cardiovasculaire, qu'il n'aurait jamais dû se retrouver sur le marché, et que le laboratoire pharmaceutique Merck n'avait pas respecté son obligation d'information à l'égard des médecins et des patients au sujet des risques sanitaires. Rien que ça...

160 000 accidents cardiaques et cérébraux, 30 000 morts, sur le seul territoire des Etats-Unis

Fin avril, la Cour suprême des Etats-Unis a autorisé les actionnaires du "Big-Pharma" Merck à le poursuivre en justice pour fraude. Et pour cause, les dirigeants du laboratoire étaient informés depuis 2001 des risques qui pesaient sur les patients. Mais ils ne les ont jamais reconnus publiquement, même après le retrait de la pilule miracle en 2004 (Lire "Scandale Vioxx : Merck a laissé mourir des dizaines de milliers de personnes"). Ils se sont même permis de publier une fausse revue scientifique dans l'unique but de vanter leurs produits. Tellement bien faite que seuls les experts les plus avisés de la presse scientifique pouvaient détecter l'embrouille. Il faut dire que la molécule rapportait 2 milliards de dollars tous les ans...

Scandale du Vioxx : Merck savait dès 2001 que le Vioxx augmentait les risques de crise cardiaque

Scandales à la chaine

La semaine dernière, un laboratoire danois a montré que l'utilisation du diclofenac (Voltaren, Cataflam) augmentait de 91% les risques de décès suite à des accidents cardiovasculaires. Récemment, c'est l'Avandia, un remède anti-diabète qui a été violemment projeté sur le devant de la scène, tenu pour responsable de 48 000 crises cardiaques entre 1999 et 2009, selon la FDA. Un état de fait connu depuis 2007 (au moins), mais que l'administration US vient visiblement de découvrir.

L'industrie pharmaceutique soigne... ses médicaments

Ces scandales à répétition soulèvent une nouvelle fois le problème du process d'autorisation de mise sur le marché des médicaments. Celui-ci se fonde uniquement sur les études jugées "publiables" par les firmes pharmaceutiques, en aucun cas contraintes de publier l'intégralité de leurs recherches. Il leur suffit donc d'afficher trois ou quatre études montrant des résultats positifs, quand bien même une centaine d'autres s'avèreraient négatives. En l'occurrence, plusieurs équipes de chercheurs ont montré qu'entre 6 et 43% seulement des études des firmes pharmaceutiques étaient publiées ! Les autres étant jalousement gardées secrètes. Pas franchement rassurant...

Certaines d'entre elles ont d'ailleurs été totalement falsifiées, comme l'a révélé l'affaire "Scott S. Reuben", un des plus grands scandales de l'histoire de l'industrie pharmaceutique (le Vioxx était déjà concerné). Autre problème : la pharmacovigilance (surveillance des effets indésirables des médicaments). Les derniers cas nous ont montré qu'il fallait entre 5 et 15 ans aux autorités sanitaires pour montrer qu'un médicament pouvait s'avérer dangereux. Il parait que la FDA réfléchit actuellement à un nouveau modèle. Mieux vaut tard que jamais...

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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