Vote électronique : les machines à voter contestées - Vidéo  - Élections Élections municipales Gouvernement Nicolas Sarkozy
| 08/03/2008

Vote électronique : les machines à voter contestées – Vidéo

Image d’illustration © 704417|Pixabay|CC0 or Pixabay

Demain, nous votons. Près d’un million et demi de citoyens votera sur des machines électroniques. En Europe, l’Irlande et les Pays-Bas ont arrêté d’utiliser ces machines pour des raisons de sécurité. En France, on se pose guère de question, Nicolas Sarkozy l’a décidé, il en sera ainsi.

Cette histoire est étonnante. Des collectifs d’informaticiens et de scientifiques se mettent en place un peu partout en Europe pour alerter les pouvoirs publics. Les preuves de l’existence de failles dans le système sont de plus en plus nombreuses. Deux pays, l’Irlande et les Pays-Bas ont décidé d’arrêter d’utiliser ces machines jusqu’à ce que des études plus approfondies soient menées sur le sujet. Mais en France, il n’y a pas de problème, on continue.

Nicolas Sarkozy, avant 2007, s’est épris de technologie et a décidé de généraliser les machines à voter électroniques, qui furent utilisées à grande échelle pour les élections présidentielles. Un groupe de travail a été mis en place sur le sujet, nous dit Madame Alliot-Marie le 13 novembre 2007. Mais personne n’est au courant. Personne ne sait qui compose ce groupe de travail, quelles sont ses prérogatives, quelles études il mène et dans quelles conditions, pas plus que les conclusions qu’il aurait pu tirer de ses études. En cause, l’impossibilité de recompter les votes en cas de litige et surtout les problèmes de sécurité liés à la technologie utilisée.

De nouvelles alertes ont été émises récemment : entre autres, le 20 décembre 2007, l’ASTI (Fédération des Associations Françaises des Sciences et des Technologies de l’Information) regroupant 30 associations et 5000 membres, « appelle à ne pas recourir au vote électronique anonyme au nom du principe de précaution ». L’ASTI met en cause l’immaturité des machines à voter électroniques. Jacques Pélissard, président de l’AMF (Association des maires de France), le 3 mars sur France-Info : « oui, l’AMF a pris position, nous sommes très réticents sur leur utilisation, pour deux raisons, d’abord, il y a des risques d’erreur, d’erreur mécanique ou technique, et en second lieu, il me paraît important que les citoyens soient impliqués dans l’expression populaire, il me paraît important que par exemple, le dépouillement soit fait par des hommes et des femmes qui sont des citoyens qui peuvent participer à cet axe essentiel du vote qu’est le dépouillement. Voici la raison pour laquelle l’AMF a été très réticente sur les machines à voter électroniques. »

Bizarrement, le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il n’y aurait pas de nouvelle autorisation délivrée aux communes souhaitant passer au vote électronique avant 2009. Mais pourquoi ? S’il y a un doute, alors le principe de précaution voudrait qu’on retire les machines en circulation, comme c’est le cas en Irlande et aux Pays-Bas. Une décision rendue par le Conseil constitutionnel le 4 octobre 2007 rend irrégulière la présence de deux machines dans un même bureau de vote. Le ministère de l’Intérieur a répondu à cette décision en envoyant une circulaire aux préfets et aux maires leur recommandant de dédoubler les bureaux de vote, l’un pour l’élection des conseillers municipaux, l’autre pour celle des conseillers généraux.

Quelques déclarations :

machines à voter - vote électronique aux municipales « Le vote électronique est encore du domaine de la recherche, il n’est pas au point scientifiquement », affirme Chantal Enguehard, maître de conférences en informatique au CNRS.

machines à voter - vote électronique aux municipales Le fournisseur de ces machines à voter est le néerlandais Nedap, celui-là même qui équipe les Pays-Bas, pays novateur en la matière en Europe mais où un retour au vote papier est sérieusement à l’étude en raison des risques d’erreur soupçonnés…

machines à voter - vote électronique aux municipales C’est un « matériel risible en termes de sécurité », estime François Grieu, expert en cartes à puce. Il note qu’il est ainsi possible pour un informaticien « de modifier le logiciel sans que ce soit détectable » afin par exemple de « transmettre 10% des voix d’un candidat à un autre ».

machines à voter - vote électronique aux municipales M. Graton, expert en sécurité des TIC, ajoute que la possibilité théorique existe aussi de « permuter (vers un autre candidat) le vote des déficients visuels », qui doivent s’équiper d’un dispositif supplémentaire.

machines à voter - vote électronique aux municipales Et Bakchich nous annonce déjà pour lundi un nouveau scandale à ce sujet !

Quelques vidéos :


Machines à voter – vote électronique

Machines à voter = Machines à frauder!

Quelques sources :

machines à voter - vote électronique aux municipales http://www.asti.asso.fr/

machines à voter - vote électronique aux municipales http://www.ordinateurs-de-vote.org/

machines à voter - vote électronique aux municipales Des informaticiens mettent en garde contre le vote électronique (AFP)

machines à voter - vote électronique aux municipales Piratage d’une machine à voter, mode d’emploi (Rue89)