Il n’y a rien de facile dans la prostitution d’une mineure, ni dans un deal de survie. Pourtant, c’est ainsi qu’on continue de raconter ces trajectoires. Une manière bien pratique d’éviter de parler d’abandon social.
Exploités, donc accusés.
Le texte de Framboise C démonte une formule médiatique en apparence banale – « argent facile » – et montre qu’elle sert surtout à humilier les pauvres. Quand des mineures prostituées, des « guetteurs » ou de jeunes Ukrainiens recrutés pour des sabotages sont décrits comme « attirés par l’argent facile », on maquille la violence sociale en faute morale.
L’autrice renverse le cliché : rien n’est « facile » dans le fait de vendre son corps à 14 ans, de guetter en bas d’un immeuble pendant des heures, ou de risquer la prison à vie ou une attaque mortelle pour quelques billets.
Mais cette expression évite de parler du vrai sujet : l’abandon des enfants, la misère, l’échec scolaire, le racisme institutionnel, la précarité familiale. La vraie facilité ? Celle des adultes qui jugent de loin, bien calés sur leur canapé.
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