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| 18/10/2026 11:41

Au Brésil, Meta a favorisé Bolsonaro au détriment de Lula

Image d’illustration © Element5 Digital | Pexels | Pexels

Une campagne électorale n’est jamais un long fleuve tranquille. Un compte publicitaire suspendu, des boutons de partage volatilisés, des contenus invisibilisés, des recommandations algorithmiques biaisées : Meta a déséquilibré le jeu dans les élections brésiliennes. L’entreprise reconnaît une erreur, mais rejette tout favoritisme.

Au Brésil, la campagne électorale bat son plein. Comme tous les 4 ans, les Brésiliens sont appelés aux urnes pour choisir leur président et leur vice-président, les gouverneurs et vice-gouverneurs des États, ainsi que les députés fédéraux et régionaux et une partie des sénateurs fédéraux. Vaste programme. Au premier tour, le 4 octobre, la liste de Flávio Bolsonaro a créé la surprise en arrivant en tête avec 47% des voix, devançant Lula (45%). Le second tour est prévu pour le 25 octobre.

Meta : a voté.

Vendredi 16 octobre, le Tribunal supérieur électoral (TSE) brésilien a imposé à Meta, maison mère d’Instagram, Facebook et WhatsApp, de garantir un traitement égal aux campagnes des deux principaux protagonistes. Cette décision fait suite à une plainte de la coalition soutenant Lula, qui accuse Meta d’avoir entravé la diffusion de contenus liés à son poulain et favorisé son adversaire. Les accusations s’appuient notamment sur des communications internes de l’entreprise, rapportées le 16 octobre par Folha de S.Paulo. Selon le journal, des employés y évoquent des restrictions ayant affecté des comptes de Lula ainsi que des recommandations algorithmiques du profil de Flávio Bolsonaro.

Bolsonaro recommandé, Lula déconseillé

Plusieurs incidents ont en effet émaillé les comptes de réseaux sociaux de Lula. Le 9 octobre, son compte Instagram n’a pas pu promouvoir de publications pendant près de 24 heures. Le profil de Flávio Bolsonaro a été massivement suggéré sur Instagram, et sa chaîne WhatsApp apparaissait lors de recherches liées à son concurrent. Les avocats de Lula affirment en outre que la visibilité de certaines de ses publications a été réduite, que des vidéos ont été diffusées sans le son ou à vitesse accélérée, et que des publicités n’ont pas été affichées alors qu’elles ont été comptabilisées. Par ailleurs, des tests menés par des médias brésiliens ont démontré que Meta AI, l’assistant intégré à WhatsApp, refusait de générer des images de promotion de Lula, tout en acceptant des demandes similaires pour Bolsonaro. De son côté, l’organisation indépendante CTRL + Z affirme avoir recensé 1 088 cas de censure électorale, de suspension de comptes ou de restriction de portée sur les plateformes de Meta. Selon elle, ces mesures ont touché de manière disproportionnée les contenus favorables à Lula.

Des bugs très politiques

Meta a reconnu avoir suspendu par erreur, le 23 septembre, le compte publicitaire de Lula. Selon l’entreprise, cette suspension résultait d’un dysfonctionnement de son filtre antigauche antifraude automatisé. Le groupe attribue les autres incidents à des défaillances techniques et à des erreurs de ses systèmes, et rejette toute accusation de partialité politique. Il n’a toutefois pas expliqué, selon Folha, les recommandations algorithmiques signalées par le journal.

Meta morfle ?

Le juge du TSE Marco Aurélio Bellizze a donc ordonné à Meta de mettre fin à ces pratiques illégales et de prendre des mesures immédiates pour garantir désormais l’égalité de traitement des deux candidats jusqu’au second tour. En cas de non-respect, Meta s’expose à une amende de 500 000 réaux brésiliens par jour, soit… moins d’une minute de bénéfice net de la firme (60 milliards de dollars en 2025). Le Parti des travailleurs a annoncé son intention de saisir l’Organisation des États américains (OEA) pour dénoncer une ingérence électorale.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
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Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
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