Exproprié dans les années 1960 pour un lac jamais rempli, Celles aurait pu disparaître. À la place, le village invente un modèle inédit : pas de propriétaires, pas de locataires, mais des habitants engagés. Une autre idée de la richesse.
Celles : ni à vendre, ni à louer, à vivre.
Celles, petit village de l’Hérault au bord du Salagou, a été vidé de ses habitants dans les années 1960 pour un lac qui n’a jamais finalement englouti la cité, comme cela était prévu. Expropriations, abandon, ruines… mais pas l’oubli. Depuis des décennies, élus et anciens habitants se battent pour le faire revivre.
Aujourd’hui, Celles renaît avec une idée radicale : ici, personne n’est propriétaire ni locataire. Les habitants vivent gratuitement dans les maisons, via un prêt à usage de 35 ans, à condition d’y habiter à l’année, de les rénover et de travailler sur place. « On n’investit pas dans la pierre, mais dans une vie collective. »
Le foncier est sorti du marché grâce à un fonds de dotation, verrouillé contre toute revente ou spéculation. Objectif assumé : pas de village dortoir, pas de carte postale touristique. Une seule boutique, des logements sociaux, une maison pour chercheurs, des jardins partagés. Le tout encadré par une charte collective.
Après 66 ans de lutte, le rêve de voir « du linge aux fenêtres et des enfants dans la rue » devient réel.
Voir aussi le site mairie-celles.fr