Elles sont 3 000 à dormir dehors chaque nuit. Invisibles, exposées, souvent avec des enfants. À Marseille, Chez Marthe leur offre bien plus qu’un lit : un espace pour reprendre pied.
Chaque nuit en France, environ 3 000 femmes dorment dans la rue, souvent invisibles, parfois avec leurs enfants, faute de places adaptées et sûres.
À Marseille, Chez Marthe transforme un ancien couvent discret en refuge temporaire pour 30 femmes, pensé comme un vrai chez-soi, pas une mise à l’abri au rabais. Porté par Véronique Eyraud, le lieu veut être un refuge, un tremplin et un lieu de vie ouvert, convaincu qu’« on ne se reconstruit pas sans logement stable ».
On y mélange hébergement, sororité avec les Sistas de Sister4good, ateliers, coworking solidaire et un resto participatif ouvert au quartier pour recréer du lien.
C’est une expérimentation d’un an, lucide sur ses limites mais ambitieuse : si ça marche, le modèle sera essaimé ailleurs, pour que ces femmes « qui pourraient être nos mères, nos filles, nos sœurs » sortent enfin de l’ombre.