Les réseaux fibre ruraux craquent de partout : coûts explosifs, modèles bancals, menace de revente à bas prix. Le Sénat a donc dégainé une réponse simple sur le papier, mais politiquement chargée : faire payer les gros opérateurs.
RIP la fibre ?
Péréquation : mécanisme qui fait contribuer les acteurs les plus favorisés ou les zones les plus rentables pour aider ceux qui le sont moins, afin de réduire les inégalités.
Le Sénat a voté à l’unanimité, le 8 avril 2026, une proposition de loi de Patrick Chaize pour éviter que les réseaux d’initiative publique (RIP), surtout ruraux, ne coulent. Le constat est brutal : selon la Cour des comptes, 9 RIP sur 10 ont subi des surcoûts, avec des frais d’exploitation parfois « deux à quatre fois supérieurs » aux prévisions.
En cause : maintenance galère, réseaux aériens exposés, faible remplissage, poids des résidences secondaires. Le texte crée donc un fonds de péréquation alimenté par les gros opérateurs (Orange, SFR, Bouygues, Free) afin d’aider les RIP les plus fragiles.
Le gouvernement crie à la fausse bonne idée : taxe déguisée, usine à gaz, risque de hausse pour les abonnés, casse-tête juridique à Bruxelles. Les sénateurs, eux, assument une « solidarité sectorielle ». Mais rien n’est plié : il faut encore que le texte passe à l’Assemblée, et obtenir le feu vert de Bruxelles.
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