Officiellement, la reconnaissance faciale liée au TAJ ne doit pas être utilisée lors des contrôles d’identité. Officieusement, elle s’est déjà installée dans le quotidien de la police.
TAJ (pas) mahal de données.
Depuis 2022, policiers et gendarmes français disposent sur leur téléphone d’un outil de reconnaissance faciale branché sur le TAJ, immense fichier policier qui agrège des millions de fiches, et jusqu’à 9 millions de photos.
Sur le papier, l’usage est strictement encadré. Dans les faits, l’enquête de Disclose raconte tout autre chose : énormément d’agents s’en serviraient à la sauvette lors de contrôles d’identité, d’évacuations ou de manifestations, donc hors cadre légal.
Le cas d’Ahmed, 18 ans, contrôlé à Marseille sans même sortir ses papiers, donne le ton. Même logique pour Roger, manifestant parisien, maintenu de force pour être photographié. « Tout le monde y a accès », souffle un policier.
Mais qui contrôle les contrôleurs ? Personne. L’IGPN est au courant, le ministère aussi, mais personne n’a réagi. Résultat : un glissement discret, presque routinier, d’un outil d’enquête ponctuel vers un réflexe de surveillance.
Vidéo de Camille Reporter sur le sujet :
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