Quand un protocole se termine, l’histoire de l’animal, elle, ne devrait pas finir. Graal a construit un pont entre laboratoires et structures d’accueil pour éviter l’issue « automatique » : l’euthanasie. Et ça marche, à grande échelle.
Depuis plus de trente ans, Marie‑Françoise Lheureux se bat pour les animaux. Avec Graal (fondé en 1997), elle vise un angle mort de la recherche : que faire des animaux de labo quand les protocoles s’arrêtent ?
Trop souvent, c’est l’euthanasie. Après avoir « pris au mot » des chercheurs qui disaient traiter leurs animaux « comme des enfants », elle obtient un premier feu vert à Nantes : le 23 décembre 2004, une petite schnauzer sort du labo pour de bon.
Ensuite, Graal invente et industrialise la “retraite” : réseau de structures d’accueil, certificat véto, fiche de vie (âge, poids, comportement), transparence, contrôles possibles. Bilan : plus de 9 000 animaux reclassés (rongeurs, oiseaux, poissons, chevaux, bovins, reptiles… même des « vaches à hublot »).
L’adaptation peut prendre 3–4 mois ; les primates restent les plus durs à resocialiser. Une aventure menée par une quarantaine de bénévoles, encore en attente de reconnaissance d’utilité publique.
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