Le "cancer backlash" ou l’art de rendre les victimes responsables  - Cancer Cancer backlash CNRS Marc Billaud Pesticides PFAS Pollution Recherche scientifique Santé Santé publique Science Sciences
| 27/01/2026

Le "cancer backlash" ou l’art de rendre les victimes responsables

Image d’illustration © nci|Unsplash|Unsplash

On nous explique que le cancer serait avant tout une affaire de mauvaises habitudes. Fumer, boire, manger trop. Mais à force de tout ramener à l’individu, on invisibilise des causes bien plus dérangeantes : pollution, travail, inégalités sociales.

Le « cancer backlash » : une offensive politico-médiatique qui réduit les causes du cancer aux seuls comportements individuels (tabac, alcool, bouffe), pour effacer les responsabilités environnementales, industrielles et professionnelles.

Le chercheur Marc Billaud rappelle que les cancers augmentent fortement chez les moins de 50 ans, les enfants, les gens qui ne boivent ni ne fument, et que dire que tout vient du tabac ou de l’alcool « ne tient pas la route ».

Selon lui, des médias et certains scientifiques relaient cette rhétorique pour des raisons idéologiques, servant de caution scientifique à des intérêts économiques hostiles aux politiques écologiques.

La stratégie consiste à exiger une preuve causale « irréfutable », ce qui est impossible en épidémiologie environnementale, afin de bloquer toute action publique — une « désinformation massive ».

Résultat : les ouvriers, les populations modestes et les habitants de zones sacrifiées (Fos-sur-Mer, Lacq…) paient le prix fort, tandis que les inégalités face au cancer explosent et que la prévention reste largement insuffisante.