À Lyon et Vénissieux, des enfants dorment dans leur école faute de toit. Un système de débrouille solidaire, né pour l’urgence, installé dans la durée.
Des familles avec enfants dorment dans des écoles, sur des matelas posés au sol, parce qu’elles n’ont plus de toit. Des enseignants et des parents occupent les écoles la nuit via le collectif Jamais sans toit, un « bricolage provisoire » devenu un système de survie face aux défaillances de l’État.
Les enfants vivent une double vie : élèves le jour, sans-abri le soir, obligés de disparaître le matin avant 8 h, avec des conséquences lourdes sur leur santé mentale et leur scolarité. La solidarité locale est énorme (dons, repas, soutien scolaire), mais elle s’accompagne de pressions administratives, de menaces, et d’une fatigue morale croissante.
L’État reconnaît la saturation, les villes colmatent comme elles peuvent, et ce sont les écoles qui deviennent le dernier refuge.