Et si les arbres savaient mieux que nous ce qui nous attend ? Au Liban, les cèdres racontent sécheresses, famines et crises climatiques sur plus de 600 ans. Une mémoire vivante, ignorée trop longtemps.
Une histoire d’archéologie dendroclimatologique futuristico-écologique : débrouille-toi avec ça.
Les cèdres du Liban font un peu plus que juste un peu d’ombre pour siroter son kawa : leurs anneaux racontent des siècles de sécheresses, de pluies et de chaos climatique.
Grâce à la dendroclimatologie, les chercheurs ont remonté jusqu’à 600 ans d’histoire, avec des épisodes marquants comme la méga‑sécheresse de 1591–1595, liée à des famines et à des décisions politiques radicales de l’Empire ottoman. « On ne s’attendait pas à une sécheresse aussi longue », avoue le professeur Jean Stéphan, qui montre comment ces données servent aujourd’hui à mieux gérer l’eau et les forêts, voire anticiper des crises sur 5 ans.
Les arbres révèlent aussi l’impact bien réel du changement climatique : leur croissance ralentit, et certains parasites en profitent. Moralité : protéger les forêts, ce n’est pas juste sauver des arbres, c’est préserver la mémoire climatique du Liban, et de l’Humanité (*).
(* : pas le journal, ils ont la clim’ ils s’en tapent)