CNews traverse une séquence aussi délicieuse qu’une bûche de Noël. En quelques jours, la chaîne empile condamnation pénale définitive, dérapage raciste et régulation aux abonnés absents. Le tout sous l’œil attendri de l’Arcom, qui invoque la « pédagogie » pour éviter de sortir le carnet de sanctions.
Pascal Praud, la séquence pas très inclusive
13 janvier 2026. Une séquence de L’Heure des pros met le feu aux poudres. Pascal Praud, en roue libre, lâche : « Manifestement, les policiers font leur travail et les gens en face sont blancs, vous voyez. Non mais c’est important de le dire, parce que c’est pas facile pour les policiers. Voilà, ils sont obligés de s’interposer avec des gens avec qui ils partagent parfois les convictions, les origines, les valeurs ». Pas « facile », effectivement… si les agriculteurs avaient été arabes, noirs ou gauchistes, l’intervention aurait sans doute été beaucoup plus simple. Question de valeurs, évidemment. Réactions immédiates. La séquence est qualifiée de raciste par une avalanche de commentateurs. Réponse classique de l’intéressé : extrait « sorti de son contexte », procès en sorcellerie, et dénonciation des éternels crypto‑marxistes. Rideau.
Morandini, un multi-condamné en tête de gondole
14 janvier 2026. La Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Jean‑Marc Morandini, animateur historique de CNews, pour corruption de mineurs. Même si elle ne lui permettra pas d’écrire un best‑seller rémunérateur depuis sa cellule, la peine est sérieuse : deux ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende, une interdiction définitive d’exercer toute activité en contact avec des mineurs, ainsi que l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Malgré cette décision, le groupe Canal+ a tranquillement confirmé le maintien de JMM à l’antenne, contredisant au passage le Canal+ de 2016, et provoquant une vague d’indignation islamo-gauchiste. Rappel : Morandini avait déjà été condamné en appel à dix-huit mois de prison avec sursis en janvier 2025 pour harcèlement sexuel à l’encontre d’un jeune comédien (appel Cass’ en cours). On attend avec impatience ses prochains débats sur le sursis ou la pédophilie !
L’Arcom, des blâmes à (petits) prix de gros
15 janvier 2026. Le Monde met les pieds dans le plat et pointe un manque de réaction de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) dans un entretien avec son président, Martin Ajdari. Le quotidien révèle que, fin décembre 2025, l’Arcom a choisi – une première – de regrouper en une seule mise en demeure deux séquences distinctes de CNews, pourtant de nature différente, séparées de plusieurs mois, toutes deux jugées « de nature à encourager des comportements discriminatoires », véhiculant des « stéréotypes particulièrement infâmants ». Et pas qu’un peu ! Ce choix procédural a une conséquence directe : éviter l’ouverture automatique d’une procédure de sanction, un geste de clémence évident envers la chaîne. Interrogé, Martin Ajdari assume une démarche qu’il qualifie de « pédagogique ». PÉ-DA-GO-GI-QUE ! Au bout d’une vingtaine de sanctions, on parle encore de pédagogie, du côté de l’Arcom…
Circulez, y a rien à réguler !
Entre pédocriminalité avérée, fake news insistantes, polémiques racistes répétées et réponses réglementaires minimales, le cas CNews cristallise un malaise un tantinet plus large : celui d’une régulation audiovisuelle bienveillante envers les chaînes d’opinion puissantes. Alors que l’Arcom revendique l’équilibre, l’asymétrie de traitement explose, au moment même où la confiance dans les médias et leurs contre‑pouvoirs n’a jamais été aussi fragile. Car CNews est la première chaîne d’info en France, alors pas touche !
Quelques vidéos :