Ils venaient pour filmer des duels, ils restent pour étudier la sécheresse. Tabernas, désert culte du western européen, est aujourd’hui observé comme un avant-goût du climat de demain.
Il était une fois la soif.
Almería, en Andalousie, abrite Tabernas, le seul désert d’Europe, longtemps star des westerns spaghettis avant de devenir un terrain de jeu pour voyageurs curieux.
Depuis les années 1950, près de 300 films y ont été tournés, dont la trilogie culte de Sergio Leone, au point que la région a gagné le surnom de « Hollywood de l’Europe ».
Aujourd’hui, les décors survivent surtout grâce au tourisme, transformés en parcs western un peu kitsch avec fusillades, cancan et cow-boys en pleine reconversion.
Mais le vrai changement, c’est que les visiteurs viennent désormais pour le paysage lui-même, un désert extrême étudié par des scientifiques du monde entier pour son climat très sec.
Entre serres géantes, panneaux solaires et agritourisme, Tabernas est devenue un labo grandeur nature de l’adaptation climatique, fidèle à cette idée : ici, on apprend à survivre avec presque rien.