Etats-Unis Allemagne difficultés emprunter crise financière Les doigts dans la crise : les Etats tirent leurs dernières cartouches alerte emprunts etat tirent le tout pour le tout dernieres cartouches 2837

Tous les indicateurs économiques sont en berne. Pour enrayer la dégringolade, les Etats dégainent leurs armes et tirent des plans à plusieurs centaines de milliards. Mais leur financement, l'emprunt d'Etat, est-il extensible à souhait ? On pensait que oui, mais il semblerait bien que non, les marchés montrant des signes de faiblesse. Aïe...

Alerte sur les emprunts d'états - Crise financière

(Quatrième épisode de la saga : "les doigts dans la crise")

PIB, chômage, faillites, consommation, fraudes... des records sont battus tous les jours, sur tous les continents. De la démesure d'une économie globalisée et totalement dérégulée nait une crise hors norme. Même les plus rassurants de nos analystes commencent à utiliser les grands mots. Selon LeMonde.fr, les "plans de sauvegarde de l'emploi" (PSE) notifiés aux directions départementales du travail (DDT) en septembre et octobre ont bondi d'environ 30 % par rapport à la même période de l'année dernière. "Je n'ai jamais vu ça", résume un spécialiste de la reprise d'entreprises en difficulté. Certains secteurs sont décimés. Sur les onze premiers mois de 2008, les défaillances d'entreprises ont quasiment doublé dans le secteur du transport. D'ailleurs, la consommation d'essence et de gasoil baisse de 12,3% en novembre. "C'est du jamais vu !" s'exclame le président de l'Ufip, Jean-Louis Schilansky. L'industrie automobile souffre également, qui a vu sa production s'effondrer de 14% sur un mois, et de 29% sur un an (*). Les petits commerçants mettent de plus en plus la clé sous le porte. Etc.

Déréguler pour mieux réguler

Pour lutter contre la crise, il faut "plus de régulation", plaident en chœur les dirigeants et analystes de tous bords. Mais comment faire ? "En supprimant des règles" répondent-ils (aussi) en chœur... C'est ainsi que Bruxelles autorise les Etats à laisser filer leurs déficits et à subventionner les entreprises privées de leur choix. C'est ainsi que Sarkozy vient de relever le seuil des marchés publics "sans aucune procédure" de 4 000 à 20 000 euros. Sous ce plafond, les organismes publics pourront négocier les contrats autour d'une bonne tablée. C'est tout de même plus agréable pour l'estomac, mais pour la concurrence... régime sec !

Abandonner la démocratie pour sauver l'économie de marché

Et George W. Bush, ce héraut du libéralisme moderne, qui a passé sa vie à déréguler, qu'en pense-t-il ? "J'ai abandonné les principes de l'économie de marché pour sauver l'économie de marché" a-t-il déclaré. Les dogmes aussi, sont en crise... Certains aimeraient même abandonner la démocratie, pour sauver l'économie de marché : "il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que 'le capitalisme, c'est fini, le libre échange, c'est fini'" a récemment déclaré Jürgen R. Thumann, le patrons des patrons allemand. Et les patrons, ça ose tout... (c'est même à ça qu'on les reconnait ?)

"Les Etats-Unis jouent le tout pour le tout"

La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé mardi une baisse radicale de ses taux directeurs, désormais proches du seuil "0". La Fed rachètera aussi des bons du Trésor afin d'injecter des liquidités dans l'économie et de lutter contre la déflation. En clair, les Etats-Unis font marcher la planche à billets, en créant de la monnaie qui ne correspond pas à l'économie. Et tant pis pour l'Europe et le Japon, dont les monnaies vont flamber. En solo, "les Etats-Unis jouent le tout pour le tout" déclare Marc Touati, économiste chez Global Equities.

L'Allemagne et les Etats-Unis ont des difficultés à emprunter

Mais le plus rude est à venir. Car si les Etats inventent des centaines de milliards comme s'il en pleuvait, c'est en empruntant. Encore faut-il qu'il y ait des prêteurs ! Mercredi 10 décembre (Le Figaro, 12/12 et LeMonde.fr), la tension est montée d'un cran, en fin de journée, quand l'Etat allemand a balancé un appel de 7 milliards d'euros d'échéance deux ans sur le marché. Horreur, malheur... il n'y avait pas assez d'acheteurs pour tout avaler ! Le même jour, l'Etat américain a émis 28 milliards de dollars de dette d'échéance trois ans. Les acheteurs ont répondu présent, mais dans des conditions défavorables pour l'administration US. "L'opération a été médiocre", selon Reuters.

Si des turbulences de ce genre peuvent survenir de temps à autres, et surtout en fin d'année, il n'en reste pas moins que les analystes s'en "préoccupent", à l'image de Thierry Capelle (Nomura, Londres) ou de Jean-François Robin (Natixis). "La dette arrive de partout" et les marchés pourraient commencer à saturer, d'autant que l'avenir est incertain. Il y a peu de risques que les grands Etats se retrouvent réellement en situation de faillite. Pour les petits, par contre, tout est possible. Mais si le marché sature, ce sont les conditions d'emprunts qui vont se dégrader, notamment les taux d'intérêt qui risquent de s'envoler. Et qui paiera ? C'est Bibi...

(*) : Depuis des années, les industriels externalisent à tout-va, pour réduire les coûts de production en pressurisant leurs fournisseurs. Mais aujourd’hui, la pression est trop importante et les prestataires sont au bord du gouffre. Ce que confirme Carlos Ghosn, président de Renault : "je ne peux pas fonctionner si mes fournisseurs disparaissent" a-t-il déclaré à la sortie d'une réunion de crise à l'Elysée. Bling-bling fait la soupape de sécurité : 26 milliards d'aides pour le secteur dans les jours qui suivirent. Il suffit de demander...

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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oui mais

il en a gros sur la patate Bibi

Denis Robert président !!!

Démocratie

"Il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que 'le capitalisme, c'est fini, le libre échange, c'est fini'"

C'est pas une blague, en plus, j'ai vérifié...

On est mal barré !

Ce qui est drole...

... C'est de voir une figure ex-Natixis (Touati, telegénique notoire des encarts economiques du 20h00... moins ecogénique pour sa boite au vu des résultats)... et un actuel (Robin) s'inquiéter!

Bossant sans doute dans la banque d'investissement hexagonale qui a été la plus touchée, probablement car elle a été la moins prudente et inquiète... leur inquiétude a en effet de quoi inquiéter!