Loi audiovisuelle suppression publicité Patrick Carolis fin pub France Télévisions : le "Fort Boyard" de l'Elysée... loi audiovisuelle suppression publicite france televisions elysee carolis 2809

Depuis le 25 novembre, les députés s'écharpent sur ce projet de loi qui doit permettre de supprimer partiellement la publicité sur France Télévisions, et de nommer son président en conseil des ministres. Les débats s'éternisent. Tout devait être bouclé pour le 5 janvier, à l'heure des zouzous. La grille des programmes est d'ailleurs déjà prête. Problème : il n'est plus possible de tenir les délais, ni par voie parlementaire, ni par voie de décret ou même de 49-3.

Sarkozy réforme France Télévisions

L'Elysée en pleine crise nerf

Sarkozy fulmine. Car suite à des consultations juridiques, l'Elysée a décidé de renoncer au décret, peu fiable. Si la route est droite, la pente est glissante, et seul le vote de la loi à l'Assemblée permettrait une application incontestable de la mesure. Mais à ce jour, seuls 21 articles sur 56 ont été examinés par les députés. Si la rédaction du projet a été rapide - copié/collé du "libre blanc" de TF1 - les débats parlementaires s'éternisent. Et les sénateurs devront aussi se pencher dessus. Dans ces conditions, il parait difficile de résoudre ce "Schmilblick" parlementaire avant février.

D'autant qu'un sondage publié dans Le Parisien est venu jeter un peu d'huile sur le feu. Dans la rubrique "A vous de Juger", 74 % des sondés estiment que la nomination du président de France Télévisions par le Chef de l'Etat est une "mauvaise chose". Même sanction chez 63 % des sympathisants de l'UMP. Du plus mauvais effet... Et la réforme du parlement, qui le réduirait à une simple chambre d'enregistrement, n'est pas encore planifiée. La tuile !

La solution miracle

Ce week-end, Sarkozy a trouvé la parade, peu esthétique mais sacrément efficace. Christine Albanel a en effet rédigé un courrier à Patrick de Carolis (voir vidéo). Une lettre chaudement recommandée qui "propose" au président de France Télévisions d'annoncer, de sa propre initiative (sic), la suppression de la publicité entre 20h et 6h du matin à partir du 5 janvier. En tant que chef d'entreprise (publique) et suite à une sollicitation de son actionnaire, De Carolis prendrait donc "seul" la décision de rayer la publicité de ses grilles du soir, en attendant la ratification parlementaire.

Le patron de l'audiovisuel public aura du mal à refuser la proposition. Il pourrait être accusé de "gestion anormale". Cette décision d'entreprise étant un "acte de gestion", elle n'est théoriquement pas soumise à validation du conseil d'administration. En contrepartie, Eric Woerth se dit prêt à signer un chèque de 450 millions d'euros, compensant les pertes de revenus publicitaires, dès demain. Officiellement, l'Etat prend sa responsabilité d'actionnaire, le reste doit suivre. Vive l'actionnariat, et pour l'indépendance, on avisera plus tard.

Mais alors, pourquoi une loi ?

Résumons. Suite aux mauvais calculs de ce gouvernement beep-beep ainsi qu'au déferlement de contestations parlementaires, le président de la télévision publique est cordialement invité à appliquer les décisions du gouvernement, sans quoi il risquerait l'éjection, sans parachute. Résultat ? Le président suivant serait nommé par les neuf membres du CSA, qui ont été choisis par la majorité actuelle. Mais alors... quel intérêt de voter une loi ?

Quand la force se dérobe, la ruse s'impose...

Autre sujet intéressant développé dans cette interview : la répartition du temps de parole demandée par le CSA. Un tiers pour le gouvernement, un tiers pour la majorité, un tiers pour l'opposition. "Est-ce démocratique ?" demande Demorand. Nicolas Sarkozy, "ce n'est pas un chef de parti" répond la ministre. Bien au dessus de ça, notre président. Sauf quand il se rend à des réunions de l'UMP, toutes les semaines, pour vitupérer contre l'opposition. Sauf quand il déclare qu'il faut à tout prix empêcher les socialistes d'appliquer leur logique. Mais ce n'est qu'un détail. "Ça se discute"...

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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