Plus de 150 comptes Polymarket soupçonnés d’avoir spéculé sur des secrets militaires  - Corruption Défense Délit d’initié Donald Trump États-Unis Gouvernement Iran Justice Marchés Marchés prédictifs Pentagone Polymarket Renseignement Traders
| 23/08/2026

Plus de 150 comptes Polymarket soupçonnés d’avoir spéculé sur des secrets militaires

Image d’illustration © Edu Raw | Pexels | Pexels

Sur Polymarket, certains semblent « prédire » un avenir qu’ils connaissent déjà. Des mises massives, placées sur des événements hautement improbables, pourraient avoir révélé des opérations militaires avant même leur déclenchement.

L’Anti-Corruption Data Collective (ACDC) est un collectif réunissant des journalistes d’investigation, des spécialistes des données, des universitaires et des défenseurs des politiques publiques. Cette organisation de recherche à but non lucratif s’appuie sur l’analyse de données pour détecter et documenter des faits de corruption et des délits d’initiés.

La guerre, ça rapporte gros

Les chercheurs de l’ACDC ont étudié les paris dits « long-shot » : au moins 2 500 dollars misés sur des événements dont la probabilité de réalisation ne dépasse pas 35%. Ils ont ainsi identifié 566 portefeuilles, baptisés « orques ». Des comptes créés peu avant un pari particulièrement risqué, puis abandonnés une fois les gains encaissés.

Dans cette faune spéculative, 152 portefeuilles auraient misé sur des opérations militaires américaines. Avec un taux de réussite moyen de 97,2% et près de 8 millions de dollars de gains, ces boursicoteurs de la géopolitique semblent avoir remplacé l’intuition par un accès privilégié aux cuisines du Pentagone.

Les secrets d’État font recette

Le cas le plus spectaculaire concerne les frappes US en Iran. Un premier pari, apparemment bien renseigné, aurait été suivi de mises imitatrices de 200 000 et 100 000 dollars. Sur Polymarket, les transactions sont publiques : elles peuvent être observées par les traders, les robots et, accessoirement, les services de renseignement. Selon l’ACDC, 52% des paris militaires à très faible probabilité se révéleraient gagnants, contre seulement 14% pour l’ensemble des marchés. Une performance qui ferait pâlir les professionnels de la finance et rougir les gardiens de la morale publique… si toutefois il en reste encore quelques-uns.

La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) promet de surveiller, d’encadrer, voire de sévir. Mais les poursuites traînent. À ce jour, seules deux personnes ont été inculpées. Dont un soldat états-unien en avril pour avoir utilisé des infos classifiées lors d’un pari sur l’avenir du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Des prédictions en Trump-l’œil

Pendant ce temps, l’administration Trump affiche sa tendresse pour les plateformes de prédiction, dont Donald Trump Jr. est devenu l’un des principaux promoteurs (conseiller stratégique de Kalshi, actionnaire et membre du conseil consultatif de Polymarket). Il faut dire qu’elles offrent une conception très moderne de la paix : un bref intervalle de répit entre deux occasions de placement.

« Il serait naïf de penser que les agences de renseignement étrangères ne surveillent pas ces marchés » a déclaré David Szakonyi, cofondateur de l’ACDC, concluant : « Limiter le type de personnes pouvant parier sur les marchés de prédiction ou s’en remettre aux enquêtes des forces de l’ordre ne suffira pas ».

Désormais, la guerre peut s’annoncer par un pari sur une plateforme publique. Les temps changent…

Sources : Reuters, Reuters, Futurism.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
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Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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