Après l’esclavage, l’oubli : l’histoire effacée des engagés de La Réunion  - Colonisation Esclavage Histoire La Réunion
| 30/01/2026

Après l’esclavage, l’oubli : l’histoire effacée des engagés de La Réunion

Image d’illustration © britishlibrary|Unsplash|Unsplash

On les appelait des “engagés”. En réalité, beaucoup étaient capturés, trompés ou enfermés. Leur histoire, longtemps tue, raconte comment le système colonial s’est réinventé sans jamais se remettre en question.

Quand « esclave » devient « engagé » : les mots changent, les maux restent.

Les « engagés » de La Réunion, censés remplacer les esclaves après 1848, ont en réalité vécu un salariat forcé, dur, violent et longtemps passé sous silence. Indiens, Africains ou Comoriens, ils étaient recrutés, parfois capturés ou trompés, enfermés dans des camps, surveillés, corvéables jour et nuit, sans vraie liberté de mouvement.

Des descendants racontent encore aujourd’hui l’humiliation quotidienne : « ils devaient être disponibles 24 heures sur 24 », ou porter toute leur vie les marques des chaînes. Une exposition au musée Stella Matutina (Saint-Leu, La Réunion) remet enfin des visages et des histoires sur ces « matricules », révélant qu’un quart des engagés indiens sont morts avant la fin de leur contrat.

Entre devoir de mémoire, tabous familiaux et refus du conflit, La Réunion commence seulement à regarder en face ce passé colonial, absent des manuels scolaires mais présent dans chaque famille.