Une vache suspecte, 126 condamnées. Sophie et Philippe Sicre ont refusé l’abattage total. Leur combat a ouvert la voie à une autre gestion de la tuberculose bovine.
Après un cas de tuberculose bovine détecté le 11 janvier 2024, Sophie et Philippe Sicre, éleveurs au Pays basque, sont sommés d’abattre tout leur troupeau. Une vache, des lésions dites « évolutives », et l’État veut tout raser, sans tester les autres bêtes. « Une partie de nous a été abattue avec nos vaches. »
Refusant l’injustice — 95 % des animaux abattus sont en réalité sains — ils se battent pendant seize mois, soutenus par le syndicat ELB et une forte mobilisation locale, jusqu’à 500 personnes sur leur ferme. Un protocole expérimental ultra-dur est imposé : 61 bêtes tuées, toutes négatives. Puis encore, et encore. Au final, 32 vaches et 10 génisses sauvées. Leur lutte fait bouger les lignes : fin 2025, l’État assouplit les règles et ouvre la voie à l’abattage partiel. Victoire collective, mais au prix fort. « On ne tiendrait pas une seconde fois. »