Après le scandale de l’endosulfan, le Kerala a promis une rupture : le 100 % bio. Dix ans plus tard, les pesticides ont reculé, mais les agriculteurs, eux, peinent toujours à vivre de leur travail. Sur le terrain, l’écologie se heurte au marché.
Au Kerala, après le scandale de l’endosulfan (utilisé pour la noix de cajou, ce pesticide a fait des générations de victimes et a été interdit en 2011), l’État a promis le 100 % bio, mais sur le terrain, c’est beaucoup plus compliqué.
Le label bio coûte cher (~300 € par an) et ne sert à rien financièrement pour les petits paysans qui vendent au même tarif que le conventionnel, pendant que beaucoup pratiquent un bio « informel », éthique mais peu rentable — « je gagne une centaine d’euros par mois, je continue par éthique ».
Des coopératives comme Tapco montrent une autre voie : vente directe, Internet, variétés locales, prix justes et objectif clair — « éliminer les deux grandes incertitudes des agriculteurs : le marché et le climat ».
Tant que l’Inde subventionnera massivement les engrais chimiques (15,4 milliards €) et quasiment pas le bio (220 millions €), la transition restera lente, inégale… et peu rentable.