L’histoire ressemble à une infiltration parfaite. Mais la perfection a un prix : quand l’identité chimique ne t’appartient plus, ta survie non plus.
Dans une fourmilière, certains coléoptères vivent tranquilles, comme au Club Med… à condition de passer le vigile à l’entrée en simulant l’odeur. Les fourmis s’identifient à coups d’« antennation » (elles se frottent les antennes) grâce à des hydrocarbures cuticulaires (CHC).
Deux espèces de coléoptères (Platyusa, Liometoxenus) bricolent une imitation : elles restent en périphérie, un peu tolérées, et grattent les restes. Mais Sceptobius lativentris joue dans une autre ligue : l’adulte coupe sa propre production de CHC, puis « vole » le parfum des fourmis en les toilettant, jusqu’à obtenir une « image miroir parfaite ».
Résultat : il devient intouchable, nourri bouche à bouche, et peut même boulotter œufs et larves sans se faire démonter. Problème : il ne pourra plus ressortir. Hors de la colonie, il se dessèche vite, et comme l’odeur volée s’évapore en moins de 20 h, il doit se « reparfumer » sans arrêt. Bref : infiltré… et coincé.
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