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| 10/10/2026 14:39

« La vérité sous les décombres » : Francesca Albanese met en cause la couverture médiatique de Gaza

Image d’illustration © Fotografía oficial de la Presidencia de Colombia | Wikimedia Commons | Public domain

Dans son rapport de 25 pages « La vérité sous les décombres : les médias au temps du génocide », Francesca Albanese examine comment l’information se rapportant au génocide de Gaza est gérée.

La vérité en ruine

Blast! a publié ce document dans lequel Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU, analyse la destruction de la vérité médiatique dans les territoires palestiniens occupés.

« Le présent rapport examine comment la destruction de la vérité est devenue partie intégrante de la destruction d’un peuple ».

Le rapport décrit trois phénomènes :

  • les violences contre les journalistes palestiniens (assassinats, blessures, détentions, tortures et accusations de terrorisme) qui entravent la documentation des crimes ;
  • le contrôle de l’information en Israël, marqué par la censure, la propagande, les discours de haine et la négation ;
  • enfin, le traitement médiatique international et les pratiques des plateformes numériques, qui marginalisent les voix palestiniennes, relaient des affirmations non vérifiées et appliquent leurs règles de façon inégale.

Selon le rapport, ces pratiques contribuent à banaliser les atrocités, à alimenter l’impunité et pourraient relever d’un « médiacide » : « la destruction systématique de la mission d’intérêt public des médias ».

Le texte rappelle que les meurtres de journalistes sont illégaux et que la protection dont ils bénéficient « reste inaliénable » (Pacte international relatif aux droits civils et politiques, article 6 et Comité des droits de l’homme, observation générale n° 36).

Cette protection juridique des journalistes et des médias civils est liée à l’obligation des États et des entreprises de prévenir les atteintes aux droits humains, particulièrement face au risque de génocide. Car comment prévenir un génocide, si les médias ne rapportent pas les faits ?

La bataille ne se joue pas seulement sur le terrain militaire et politique, mais aussi dans les mots, les images et les silences. La vérité, écrit-elle en substance, est ensevelie sous le déni. Dit autrement : quand les témoins disparaissent et que les récits sont filtrés, le brouillard de guerre devient brouillard médiatique. Ce qui permet aux génocidaires de continuer de génocider.

La rapporteuse appelle donc à protéger les journalistes, préserver les preuves et enquêter sur les attaques. Elle recommande notamment :

  • la création d’un mécanisme indépendant de conservation des éléments de preuve (qu’Israël semble faire disparaître) ;
  • la libération des journalistes détenus arbitrairement ;
  • l’accès du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aux détenus ;
  • et l’entrée à Gaza des médias internationaux et des observateurs des droits humains.
Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
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Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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