"Le monde est en péril" : des fondateurs de l’IA tirent (encore) la sonnette d’alarme  - Anthropic Claude IA États-Unis Grok IA Intelligence artificielle Jimmy Ba Mrinank Sharma xAI
| 23/02/2026

"Le monde est en péril" : des fondateurs de l’IA tirent (encore) la sonnette d’alarme

Image d’illustration © gettyimages|Unspash|Unsplash+

Deux textes publiés à quelques jours d’intervalle ont titillé le petit monde de l’Intelligence artificielle : les lettres de départ de Mrinank Sharma (Anthropic) et de Jimmy Ba (xAI).

C’est une hécatombe. 6 des 12 fondateurs de xAI (Grok, for sure) se sont désormais fait la malle, dont Tony Wu et Jimmy Ba, partis à moins de 24 heures d’intervalle les 10 et 11 février 2026. Et Mrinank Sharma, chef de la sécurité IA chez Anthropic (Claude).

On va faire simple aujourd’hui. Pour aller plus loin, lire « Mais que craignent ces milliardaires de la tech qui se font construire des bunkers ultra‑sécurisés ? »

Parlons donc de Mrinank Sharma et Jimmy Ba. L’objectif n’est pas de les plaindre, je préfère préciser, au cas où : ils ont certainement de quoi nourrir leur descendance sur des dizaines de générations (d’êtres humains normaux).

Mrinank Sharma (Anthropic) : « Le monde est en péril »

Dans sa lettre de démission, Mrinank Sharma annonce qu’il quitte Anthropic après avoir travaillé sur des sujets de sécurité IA (dont des risques liés au détournement de modèles pour des usages dangereux). Jusque-là, c’est du pro. Mais son texte dévie rapidement vers quelque chose de plus large, presque existentiel. Il formule une inquiétude globale, qui ne vise pas seulement l’IA mais un ensemble de dynamiques qu’il décrit comme interconnectées. Le cœur du message tient en une phrase : « Le monde est en péril ».

Sharma ne se contente pas d’identifier un risque technologique. Il insiste sur un déséquilibre crucial : la capacité de l’humanité à modifier le monde progresse plus vite que sa sagesse à en gérer les conséquences.

Il évoque également son dernier axe de recherche : la manière dont les assistants IA pourraient altérer notre rapport à nous-mêmes, « distordre » l’humain ou l’éroder par petites touches (dépendance, délégation, perte d’autonomie, etc.). La singularité de sa démission tient aussi à sa conclusion : Sharma explique vouloir créer de l’espace pour d’autres formes d’engagement, notamment l’écriture, la « parole courageuse », et cite un poème. Le geste a une valeur symbolique : il ne s’agit pas seulement de changer d’employeur, mais de changer de registre, comme si la réponse au problème ne pouvait pas être uniquement technique.

Jimmy Ba (xAI) : « 2026 sera une année folle et probablement […] la plus importante pour l’avenir de notre espèce. »

Le texte de Jimmy Ba est plus court et plus sec. Il remercie xAI… puis bascule sur une projection agressive de la trajectoire techno à court terme. La phrase la plus commentée est la suivante : « Des boucles récursives d’auto-amélioration devraient être mises en place au cours des 12 prochains mois. » Traduction : on est mal, chef, on est mal. En moins simplifié : Ba affirme que, avec les bons outils, une ère de productivité multipliée par 100 est à portée, à court terme, et que ces systèmes deviendront concrets dans les 12 prochains mois. Il conclut en décrivant 2026 comme une année « insane » (« folle », « dingue », « ouf », « malsaine »… ?), probablement la plus « chargée » pour l’avenir de l’espèce… NOTRE espèce, cher·e congénère.

Alors à force, on peut se lasser, je comprends. Ces gens nous alertent-ils honnêtement pour essayer de nous faire vraiment prendre conscience de la dangerosité de l’avenir proche ? Se protéger par anticipation, pour se donner bonne conscience au cas où ? Ou simplement se rendre intéressants ? 12 mois… la question sera vite répondue 🤞

Lire aussi « Mais que craignent ces milliardaires de la tech qui se font construire des bunkers ultra‑sécurisés ? »

Autre info intéressante du 13 février 2026 sur investorplace.com (en langage barbare) : « AI Job Loss Is Accelerating – and Washington Won’t Stop It ».

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