Quand Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation, se prend (presque) pour un syndicaliste, il tacle le gouvernement, la droite camembert, le Figaro… La semaine de 4 jours ? Mauvais pour les élèves mais bon pour les finances de l’État ! La réforme Darcos soit réduire l’échec scolaire de moitié en trois ans ? Luc Ferry prend les paris et promet, lui, 10% d’échec scolaire de plus…
Sur Europe 1, le 2 septembre 2008, Luc Ferry, fâché, s’est lâché… un petit compte à régler ? Xavier Darcos a du apprécier. En résumé, notre ministre de l’Education actuel est « totalement à côté de la plaque » pour son prédécesseur. L’émission complète est disponible sur le site de la radio. Morceaux choisis :
Question : En supprimant le samedi, on fait des économies ?
Réponse : Cela dépend de quel point de vue on se place. Si on se place du point de vue des performances des élèves, ce n’est pas forcément une chose formidable. Si on se place d’un point de vue budgétaire cette suppression à la fois d’heures et de postes […] est évidemment défendable. On peut avoir les deux points de vue et dire : « Ces gens de droite sont des gestionnaires au petit pied qui bradent l’enseignement pour des raisons budgétaires misérables » ou on peut dire – ce que je pense personnellement – « les questions budgétaires et de la dette publique sont fondamentales et on ne peut pas exempter l’Education nationale, étant donné le nombre de fonctionnaires qu’il y a dans cette maison, d’un effort y compris sur le plan budgétaire.
Question : En supprimant le samedi, on fait des économies ?
Réponse : Bien sûr, il faut vraiment être technicien pour le savoir. On peut l’expliquer simplement. Le passage de 26 à 24 heures, même dans le primaire, cela change le nombre de postes. Parce que la suppression des deux heures de soutien pour les élèves en difficulté permet de supprimer les RASED, ou réseau d’aide et de soutien à l’éducation dans les départements. Cela fait économiser 8000 postes. Il faut quand même le savoir. C’est un point très important. C’est cela, l’enjeu de cette réduction, outre le fait qu’évidemment cela fait plaisir aux parents, aux élèves et aux professeurs. Vous avez dans cette mesure un avantage politique et une réduction des coûts budgétaires.
Question : A vous entendre, [la refonte des programmes] est purement idéologique ?
Réponse : Evidemment, ça donne le sentiment qu’on fait quelque chose, qu’on fait table rase et vous faites plaisir à votre électorat quand vous dites »Ah, on va remettre la grammaire, alors tout le monde est content« .
Question : C’est avec ce programme que Xavier Darcos affirme qu’il aura réduit de moitié l’échec scolaire dans trois ans
Réponse : Ecoutez, je prends les paris, vous voulez bien me réinviter dans trois ans ? Non seulement il ne sera pas réduit, mais je vous garantis qu’on aura 10% de plus d’élèves en difficulté dans trois ans, parce que ça n’a rien à voir avec les programmes de toutes façons. C’est une question de pratique dans les classes. C’est ce qui se passe dans la classe qui est important […] Et ce n’est pas en supprimant des heures que ça va s’arranger. Qu’on soit obligés de le faire pour des raisons budgétaires je veux bien, mais ce n’est pas comme ça que ça ira mieux, ce n’est pas vrai. On ne peut pas soutenir raisonnablement qu’en supprimant des heures, les élèves vont apprendre plus de choses.