Peter Thiel cultive-t-il simplement une lubie mystique de milliardaire en roue libre ? Pas seulement. Chez lui, l’antéchrist devient un véritable instrument politique.
Dieu, le code et les dividendes.
Peter Thiel, cofondateur de PayPal et de Palantir Technologies, est un milliardaire de la Silicon Valley qui a soutenu Donald Trump dès 2016 et qui reste très influent, ne serait-ce que par ses investissements.
Derrière le vocabulaire biblique, il vise surtout l’État, les régulateurs, l’ONU, l’UE, voire Greta Thunberg. Bref, tous ceux qui freinent la tech. Son idée est simple : si la régulation bloque l’innovation, elle prépare l’apocalypse ; donc les régulateurs jouent, d’une manière ou d’une autre, dans le camp du Mal. CQFD.
Mais ce délire est moins folklorique qu’il n’y paraît, car Thiel n’est pas un excentrique isolé : il pèse sur la droite américaine et sur J.D. Vance. En mixant libertarianisme, René Girard, imaginaire complotiste et messianisme techno, il vend une fable où le sauveur n’est plus l’État, mais le PDG. Et là, la démocratie prend un plomb.
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