Ils ne font pas de bruit, ne se voient pas, et pourtant ils régulent la vie sur Terre. Les réseaux mycorhiziens transportent carbone, eau et nutriments comme un système sanguin planétaire. Toby Kiers leur a donné une carte — et une voix.
Pour info, gros article LMOUS à venir sur la biodiversité. Abonne-toi 🙂
Notre newsletter : gratuite, même par mauvais temps. On envoie quand on y pense…
Toby Kiers, biologiste de l’évolution, a décroché le Tyler Prize (équivalent à un « Nobel de l’environnement ») pour avoir révélé à quel point les réseaux mycorhiziens, ces champignons sous nos pieds, sont vitaux à la vie sur Terre.
Dès 19 ans au Panama, elle étudie ces réseaux invisibles qui connectent plantes et champignons et fonctionnent comme de vrais marchés biologiques, échangeant eau, nutriments et carbone.
Ses travaux montrent qu’ils stockent plus de 13 milliards de tonnes de CO₂ par an, faisant des champignons des alliés majeurs du climat. Avec l’ONG SPUN, elle a cartographié en 2025 la biodiversité fongique mondiale et découvert que 90 % des zones les plus riches sont hors des aires protégées — gros angle mort politique.
Comme elle le dit si bien : « Nos sols sont tellement vivants (…) la vie sur Terre serait totalement différente sans eux », et elle continue d’arpenter la planète pour le prouver, des gorges grecques au Bhoutan.