Des pesticides plein les cheveux

Une enquête publiée ce jour par Générations Futures révèle que les cheveux des riverains et des salariés d'exploitations viticoles renferment entre 5 et 11 fois plus de pesticides que le reste de la population... Décoiffant.

Pesticides dans les cheveux

La France est le premier consommateur de pesticides en Europe avec 62700 tonnes de substances actives vendues en 2011. Chiffre toujours en hausse, malgré le lancement, en 2008, du plan Ecophyto censé diviser par deux les quantités de pesticides épandus à l'horizon 2018. La vigne représente 3.7% de la surface agricole française, mais elle utilise 20% des pesticides. Résultat : nos meilleurs millésimes sont truffés de poisons (et notre sang aussi, au passage). Conséquence : les viticulteurs s'inquiètent de plus en plus pour leur santé.

L'assoce Générations Futures a donc coupé les cheveux (en quatre) de 25 personnes (15 salariés viticoles du Médoc, 5 riverains et 5 « témoins » vivants loin des vignes). Un panel un peu chiche, qui a le mérite d'exister. Les résultats ne sont pas piqués des hannetons :

♦ 11 fois plus de pesticides retrouvés chez les salariés que chez les témoins (6,6 pesticides en moyenne contre 0.6), et 5 fois plus chez les riverains.

♦ 4 des 15 salariés viticoles présentaient 10 pesticides différents.

♦ 74 % des pesticides actuellement autorisés ont été retrouvés au moins une fois chez les personnes testées. Un produit interdit, le diuron, a même été retrouvé chez un professionnel.

♦ Quant aux quantités, certains pesticides dépassaient le milligramme par kilo de tifs.

45% des molécules retrouvées sont classées cancérigènes possibles en Europe ou aux USA et plus de 36% sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. Ça fait mal aux cheveux...

"A l’heure où va s’ouvrir le Salon International de l’Agriculture, ces résultats montrent clairement que l’exposition des travailleurs agricoles à des pesticides dangereux est importante, même si ceux-ci non pas manipulé les produits. Ce rapport montre également que le simple fait de vivre à proximité de zones cultivées, moins de 250 mètres, ce qui est sans doute le lot de millions de familles françaises, augmente votre exposition" a déclaré F. Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

On attend avec impatience la réponse des autorités sanitaires : "z'ont qu'à se couper les cheveux..." ?

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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C'est uen étude capilotractée

C'est uen étude capilotractée !

Quid des 95 % des pesticides absents des cheveux ?

Ben oui, je suppose que la plus grande proportion des pesticides va sur les raisins. Notre pauvre viticulteur ne boit pas les bidons.

Sachant que de plus en plus de maladies malignes sont prises en charge par la MSA (Mutuelle santé agricole) en temps que maladies professionnelles (Gliomes, lymphomes, leucémies ...)pour la faible part de poisons absorbée par nos viticulteurs, que penser des grosses quantités que nous absorbons, nous, en mangeant du raisin ou en buvant du vin ?

Cette étude ne me semble pas du tout tirée par les cheveux. Je pense même que l'on devrait les couper en quatre pour approfondir les conséquences de ces pulvérisations colossales qui se mesurent en milliers de tonnes de poisons effectuées chaque année sur les vignobles et monocultures de toutes sortes de notre territoire national.

Et dans le vin?

Est-ce que l'on retrouve ces pesticides?

C'est bien beau de souligner de plus en plus souvent les risques de cancer gorge/pharynx liés à l'alcool. Mais est-ce bien l'alcool qui en est responsable ou les pesticides qui viendraient avec en doses de plus en plus importantes?