Morin célébré, Morin censuré. À la mort d’Edgar Morin, un « éloge sélectif » : l’État célèbre le résistant et le penseur de la complexité tout en effaçant ses prises de position sur Gaza et la Palestine.
Edgar Morin (1921–2026), né Edgar Nahoum dans une famille juive séfarade originaire de Salonique, est un philosophe et sociologue français majeur, connu pour sa pensée de la complexité, qui cherche à relier les savoirs plutôt qu’à les fragmenter. Résistant, intellectuel engagé et témoin de son siècle, il a défendu toute sa vie un humanisme engagé, attentif aux dérives politiques, aux crises contemporaines et aux interdépendances du monde.
Comme pour Stéphane Hessel, honoré mais neutralisé, le pouvoir transforme les figures critiques en archives inoffensives. Le discours d’Emmanuel Macron du 3 juin illustre ce tri sélectif : hommage appuyé, mais silence total sur les combats récents de Morin.
Cet épisode révèle un malaise profond face à une pensée cohérente, capable d’articuler en même temps la mémoire juive et la dénonciation des injustices faites aux Palestiniens. Poursuivi en 2002 pour sa tribune « Israël-Palestine : le cancer », Morin n’a jamais cédé à une « pensée à géométrie variable ». Jusqu’à qualifier la situation à Gaza de « carnage massif », il est resté fidèle à un universalisme exigeant. Un hommage, ou un effacement de la parole critique ?
Cela s’appelle « Card stacking / Tri des infos », dans les « 7 techniques de propagande ».
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