France Télévisions met fin à « Vu », pastille quotidienne de décryptage médiatique, le 30 juin, invoquant un plan d’économies de plus de 150 millions d’euros. Pour ses défenseurs, c’est « une émission d’utilité publique » qui disparaît.
Pas « Vu », pas pris
Pendant trente-sept ans, du Zapping de Canal+ à « Vu » sur France 5, une même équipe a scruté la télévision pour en extraire un miroir de la société française.
Lancé en 1989 dans un paysage audiovisuel limité, le concept reposait sur une idée originale : condenser des heures d’images en quelques minutes de montage sans commentaire. Le Zapping de Canal+ a été arrêté par Bolloré en 2016, avant d’être repris par France Télévision sous le nom « Vu ». L’équipe, menée par Patrick Menais, était constituée de 17 personnes.
Le zapping zappé
La force du programme résidait dans l’agencement précis des séquences : juxtaposer politique, divertissement et actualité pour produire du sens, parfois ironique, souvent critique. Ce travail éditorial, proche du journalisme, contrastait avec les logiques actuelles des réseaux sociaux dominées par les algorithmes et le besoin d’attention immédiate.
« Vu » aidait d’une certaine manière à comprendre l’époque. « Le groupe cède-t-il aux attaques d’une extrême droite organisée ? »
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