En commission, mardi, les députés ont supprimé le caractère obligatoire de la mesure phare de la loi « intégrale » : l’entretien individuel prévu à l’école pour repérer les violences sexuelles subies par les enfants.
À la place : un entretien potentiel, non financé, qui pourra éventuellement être proposé, si vraiment des enfants le réclament… et qu’ils le demandent gentiment ? La Coalition féministe et enfantiste, l’assoce « Face à l’inceste » et des élus dénoncent un recul majeur.
Le problème est simple : un enfant victime ne demande pas toujours de l’aide. La peur, la honte, la culpabilité, la sidération, la dissociation ou les pressions de l’agresseur peuvent le réduire au silence. Rendre l’entretien facultatif, c’est donc attendre de l’enfant qu’il fasse lui-même la démarche qui revient normalement aux adultes. Comme le résume un opposant, on passe de « l’adulte repère l’enfant » à protéger à « l’enfant repère l’adulte protecteur ».
Les défenseurs de ce recul invoquent le manque de personnels : l’entretien annuel nécessiterait, selon le ministère, de 7 500 à 15 000 équivalents temps plein. Donc ça coûte cher. Et nos enfants ne le valent pas !?