En France, 160 000 enfants subissent chaque année des violences sexuelles, mais seuls 10% en parlent au moment des faits et parmi eux, seul un sur trois seulement est protégé.
L’autrice de cet article de blog Mediapart est Alice Gayraud, spécialiste des politiques publiques de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, ex-responsable du plaidoyer de la Ciivise.
L’âge du silence.
Alice Gayraud juge la loi examinée en commission à cette aune : repérer les victimes, les mettre à l’abri et leur donner accès aux soins.
Or l’entretien individuel obligatoire à l’école, prévu dans le texte initial, a été remplacé par un entretien simplement « proposé », laissant aux enfants la tâche de trouver eux-mêmes un adulte.
Les mesures destinées aux parents protecteurs ont aussi été écartées… vers un autre projet de loi, éventuellement. Côté soins, le remboursement intégral du psychotraumatisme est une avancée, mais il est réservé aux mineurs, alors que la plupart des victimes ne parlent et ne se soignent qu’après avoir atteint l’âge adulte.
Résultat : 5,4 millions d’adultes victimes de violences sexuelles dans leur enfance restent exclues. La loi promet un parcours de soins, mais pas à celles et ceux qui en ont le plus souvent besoin. Question de budget, paraît-il.