Lanceur d’alerte à l’origine des Football Leaks, Rui Pinto s’est vu retirer par la justice son statut de témoin protégé à compter du 10 octobre.
Prévenu le 30 septembre de cette décision prise en juin et juillet, il n’a que dix jours pour s’organiser. Il risque de perdre sa petite allocation, son logement tenu secret, son identité d’emprunt et sa protection policière. Il avait pourtant été agressé en avril, mais malgré cela, la police évaluait son risque comme faible (sans mentionner cette agression dans son rapport). Ses avocats dénoncent une décision prise sans audition de leur client et vont faire appel. Rui Pinto a lancé un appel aux dons et s’estime contraint de déménager face aux menaces.
Les 70 millions de documents qu’il a transmis à la presse ont révélé des affaires touchant de grands clubs, et mettant en cause des dirigeants, des agents et des États. Par exemple : le club de Manchester City a été reconnu coupable d’une fraude financière massive de plus d’un milliard d’euros. Le club a fait appel mais les sanctions pourraient être terribles.
Le Portugal n’a ouvert aucune enquête sur ses clubs, notamment le puissant Benfica Lisbonne. Par contre, il s’est acharné sur Rui Pinto en lançant trois procédures distinctes sur les actes de piratage des documents Football Leaks à son encontre, alors qu’ils ont été commis au même moment, par la même personne, au même endroit. Condamné en 2023 pour une partie des faits, Pinto a aussi obtenu un acquittement le 29 avril dernier dans une autre procédure, jugée contraire au principe interdisant de juger plusieurs fois les mêmes faits. Une belle victoire dont le verdict judiciaire pointe la procédure « totalement arbitraire et intolérable » du parquet. Cela s’appelle du harcèlement judiciaire.
Alors que les Football Leaks continuent d’alimenter des enquêtes européennes, l’État qui a bénéficié de ces révélations retire sa protection à celui qui les déclenchées. Bizarre…
Voir aussi sur l’article de radiofrance.fr.
Conséquences des Football Leaks (voir sur wikipedia.org) :