Des responsables du ministère US de la Sécurité intérieure ont demandé à ses services cyber d’obtenir une machine à voter, de la pirater et de transmettre ses failles à la Maison-Blanche. La demande, qui n’a pas été exécutée, inquiète. Étonnant.
Selon une enquête détonante de ProPublica, des responsables du Département de la Sécurité intérieure ont secrètement ordonné à la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) d’obtenir une machine à voter et de la pirater. Objectif : faire remonter les failles jusqu’à la Maison-Blanche, sans intermédiaire, en loucedé. Pour pirater les prochaines élections ? Ou pour en contester les résultats si ceux-ci ne convenaient pas au président Orange ? L’article et les sources interrogées penchent pour la deuxième option, sans plus de détails.
Une machine à douter
Deux anciens fonctionnaires anonymes (on les comprend) racontent l’indignation des agents impliqués. L’un d’eux résume froidement : « Ils pourraient garder ça dans leur poche pour invalider n’importe quel résultat qui ne leur plaît pas. » En clair : la cybersécurité électorale ne serait plus un bouclier, mais une arme de rechange contre le verdict des urnes. L’ironie est quasiment magique : l’opération secrète a capoté parce que… l’équipe DOGE d’Elon Musk a licencié les spécialistes de la CISA qui savaient crocheter ces machines. C’est ballot… sans ballotage.
CISA, mission impossible
Les agents épargnés ont donc dû se contenter d’annoncer à la Maison-Blanche que sa demande était tout simplement irréalisable. Pendant ce temps, sur le terrain électoral, la CISA a disparu des radars. L’agence discutait pourtant depuis des années avec les États et les fabricants des vulnérabilités et, le cas échéant, de leurs correctifs. Ryan Macias, consultant en cybersécurité électorale, le dit tranquillement : « Il y a une différence entre déprioriser et être inexistant. »
Conclusion :
… il y en a qui doivent se lécher les babines en ce moment. Oups, désolé.
PS : sur les 174 millions d’électeurs états-uniens, de 5 à 10% utilisent des machines à voter 100% électroniques. ProPublica ne précise pas le type de machines concernées. Si celles-ci incluent les appareils qui laissent des traces papier, cela pourrait concerner beaucoup, beaucoup plus de personnes.