Parcoursup : le ministère distribue des millions en urgence pour repêcher les naufragés  - Éducation Étudiants Inégalités Ministère de l'éducation Parcoursup Paris Université
| 27/09/2026 13:15

Parcoursup : le ministère distribue des millions en urgence pour repêcher les naufragés

Image d’illustration © doubichlou14 | Flickr | CC BY-NC-ND 2.0

À quelques jours du bilan 2026 de Parcoursup, 2 000 bacheliers franciliens sont encore sans affectation. Et dans les couloirs des facs parisiennes, beaucoup pensent que « le ministère panique » en distribuant des chèques.

Le chiffre est contesté par le ministère, avec un argument solide : « Le travail [de placement des étudiant·es] étant en cours », aucun chiffre définitif ne peut être avancé. Certes.

Le ministère colmate les trous à coups de chèques-rustines.

Mais Mediapart ne laisse guère la place au doute, d’autant que pour tenter de « repêcher » ces naufragés du système, le rectorat et le ministère proposent officiellement aux universités 3 000 euros par étudiant accueilli, plus un poste d’ATER (attaché temporaire d’enseignement et de recherche) toutes les 50 places, pour un an. À Paris, l’enveloppe pourrait atteindre 6 millions d’euros. Et le ministère de préciser que le problème concerne « toutes les académies ».

Une opération de dernière minute, donc, que plusieurs personnels jugent choquante et insuffisante : les établissements manquent déjà de moyens, et 3 000 euros ne couvrent pas le coût d’un étudiant. Surtout, accueillir des jeunes plusieurs semaines après la rentrée, éventuellement dans des filières qui ne sont pas celles de leur choix, risque de les mettre en difficulté plutôt que de régler le problème.

Dans ce système où les chiffres comptent plus que les personnes, les universités sont saturées, les candidats sans réponse s’impatientent et les réorientations augmentent : +13% l’an passé. En juillet, 126 000 candidat·es n’avaient toujours pas d’affectation, soit 20 000 de plus qu’en 2025. À cette époque, plus de 50 000 provenaient du lycée, et une petite moitié étaient en réorientation.

Rien qu’à Paris Cité, on estime à 30% l’augmentation du nombre de demandes de réorientation par rapport à l’année dernière. « Nous sommes saturés. De nombreux étudiants se retrouvent dans des filières qu’ils ne voulaient pas, donc au bout d’un an ils demandent à changer. C’était prévisible, mais pas anticipé », dit une enseignante.

Le ministère invoque 66 000 candidatures supplémentaires sur Parcoursup par rapport à 2025. Les centres d’information et d’orientation de Paris regorgent de jeunes titulaires du bac « paumé·es », selon Claire Guéville, secrétaire nationale du SNES-FSU.

Le Parcoursup… du combattant.

Cet article est publié sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.
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Article original publié sur Les mots ont un sens.
Auteur : Napakatbra / LMOUS.
Article sous licence Creative Commons CC BY‑ND 4.0.

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