Rarement un texte avait réuni un tel consensus politique. Et rarement aussi son application aura été autant freinée. Derrière ce report, il y a plus qu’un délai : un arbitrage en faveur des industriels.
Bercy noie le poison.
Sous couvert de « sécurité juridique » et de « visibilité », la taxe sur les PFAS, ces « polluants éternels » qui contaminent durablement l’eau, l’alimentation et l’air, est freinée depuis des mois au sommet de l’État.
Votée le 27 février 2025, elle devait faire appliquer le principe de pollueur-payeur. Le mécanisme était simple : 100 euros pour 100 grammes rejetés, afin d’aider agences de l’eau et collectivités à financer la dépollution.
Mais Matignon a stoppé net le processus le 22 janvier, après des arbitrages interministériels où Bercy a plaidé pour laisser du temps aux industriels. Conséquence : les rejets de 2025 échappent à la taxe, et les recettes attendues s’effondrent, d’environ 21 millions d’euros à 5 millions, voire moins.
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