L’affaire Violette Nozière, c’est un fait divers pas comme les autres, puis un trou noir moral.
Jugée vite, entendue jamais.
En août 1933, Violette, 18/19 ans au moment du procès, empoisonne ses parents ; sa mère survit, son père meurt. La presse s’emballe, la peint en fille « immorale », et le pays entier juge avant la justice.
Pourtant, ses dépositions révèlent bien des choses : l’inceste subi depuis ses 12 ans, les gestes vus, connus, et le silence autour. Condamnée à mort en 1934, elle devient le monstre idéal d’une époque qui préfère le scandale à l’écoute.
Sa peine est commuée en 1942, elle sort en 1945, refait sa vie sous le nom de Germaine Coquelet, cache son passé à ses enfants et demande sa réhabilitation en 1963 pour qu’ils « n’aient pas à rougir ». Et la Cour la prononcera, sa réhabilitation. C’est un cas inédit dans l’histoire judiciaire : jamais auparavant un condamné à mort n’avait été pleinement réhabilité.
Notre newsletter : gratuite, même par mauvais temps. On envoie quand on y pense…