Au Koweït, plus de 70 000 personnes ont perdu leur nationalité depuis 2024, soit 4,5% des citoyens.
Chaque dimanche, la parution du journal officiel devient un passage obligé : chacun vérifie qu’il est encore koweïtien. Lancée au nom de la lutte contre la fraude et la double nationalité, la campagne frappe aussi des citoyens naturalisés légalement : familles installées depuis des générations, femmes naturalisées par mariage, enfants de mères koweïtiennes, personnalités publiques ou opposants politiques.
La réforme distingue les Koweïtiens « d’origine » des autres et peut étendre la déchéance aux descendants. Perdre son passeport signifie aussi perdre emploi, logement, soins, retraite, aides, droits politiques et parfois la possibilité de voyager. La procédure administrative ne se gêne pas pour transformer des citoyens en apatrides.