Née à Mamoudzou de parents comoriens, Fatima possède des papiers d’identité français depuis l’âge de 12 ans. Après quatorze années passées à Sablé-sur-Sarthe, cette mère de quatre enfants ne parvient pourtant plus à les renouveler.
La nationalité à durée indéterminée.
Une réforme de l’état civil à Mayotte a modifié son identité administrative, tandis que l’administration lui demande désormais de prouver qu’elle remplissait, durant son enfance, les conditions d’accès à la nationalité française.
Mais plusieurs archives scolaires et administratives ont disparu, parfois à la suite de catastrophes naturelles. Résultat, une Française reconnue comme telle pendant des décennies se retrouve avec des titres expirés, incapable de travailler ou d’effectuer certaines démarches pour ses enfants.
« Je n’existe pas, je suis de nulle part », résume-t-elle. Son avocate estime que son parcours (scolarité française, diplômes, Journée défense et citoyenneté, passeport et carte nationale déjà délivrés) devrait suffire. Mais non.